Brive : l’uniforme fait son retour à l’école

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Ce vendredi 1er avril 2022, l’école privée Bossuet de Brive-la-Gaillarde, un brin nostalgique décide de remettre l’uniforme en classe et de séparer les garçons et les filles. Un poisson d’avril rondement mené.

"A partir d’aujourd’hui, il n’y a plus de mixité dans les classes" annonce la proviseur de l’école Bossuet de Brive-la-Gaillarde. Une surprise de plus pour les élèves, après leur avoir demandé la veille, de venir habiller en bleu marine et blanc, barrettes ou serre tête pour les filles, raie pour les garçons.  

Alors à 8h ce matin, les enfants s’exécutent. Ils montent dans leurs nouvelles classes, vêtues de leurs nouveaux accoutrements.

C’est bien parce qu’on n’est pas obligé de choisir comment on doit s’habiller le matin.

Elève de l'Ecole Bossuet

Deux garçons, l’un venant d’Angleterre, l’autre des Etats-Unis sont heureux de cette nouvelle. Ils peuvent enfin ressortir leurs anciens blazers (obligatoire là-bas).  

Les professeurs marchent tous dans la combine. Habitués des blagues, mordus des poissons d’avril, ils ne s’arrêtent pas là. Chemises et tailleurs ajustés,mines sévères, ils font durer le suspense…  

"Ce matin, le ministère de l’Éducation nationale a décidé de faire passer une évaluation aux CM2 pour pouvoir passer au collège" explique une institutrice. Les copies sont distribuées. Les devoirs commencent. Certains élèves sont suspicieux, d’autres s’inquiètent, surtout quand l’enseignante sort le chronomètre…  

Mais après 1h30 de jubilation, les profs lèvent le doute… Il s’agit bien d’un poisson d’avril !  

Changer de classe, la tenue et l’évaluation, ça m’est venu direct que c’était un poisson d’avril ! 

Elève de l'école Bossuet

La tenue, j’y ai cru mais pas la séparation fille-garçon.

Elève de l'école Bossuet

Certains parents auraient bien voulu que ce ne soit pas une blague raconte la directrice de l’école.

Tous dans cet établissement aiment rire. Quand il y a école le 1er avril, ils ne manque jamais la tradition.

"Il y a quelques années, on avait changer les élèves de niveau et de professeurs", raconte Carine Voisin, la directrice. "J’avais fait croire aux CM2, qu’ils allaient coller des gommettes et aux plus petits, qu’ils allaient faire des fractions. L’an dernier, juste avant un confinement, je leur avais dit que le gouvernement allait durcir le protocole sanitaire et que tout le monde devait porter des charlottes sur la tête. Nous avons donc fait la distribution pour les porter toute la journée."

Cette année, il ne fallait pas sauter l’occasion.

Avec les deux années qu’on vient de passer, ça fait du bien de rire à l’école.

Carine Voisin, directrice de l'école.

Et évidemment les professeurs ont eu leur lot de poisson dans le dos.  

Souviens-toi l’école d’autrefois  

L’idée d’un retour à l’uniforme est presque un fantasme. Car aucune loi ne l’a rendu obligatoire en France mais il pouvait être imposé dans certains établissements par son règlement intérieur.

Jusqu’en 1968, à l’école publique, la blouse devait souvent être portée. Les codes vestimentaires étaient drastiques. Le maquillage, les talons, les cheveux longs pour les garçons, les lunettes fumées, les baskets étaient proscrits.    

La blouse a finalement disparu des salles de classes, car elle servait principalement à protéger les vêtements des taches de stylos-plumes. A la fin des années 1960, avec l’arrivée du stylo Bic et des vêtements à bas prix, les élèves arrêtent de porter des blouses.