Corrèze : où vont nos poubelles jaunes ? Visite du centre de tri de Saint-Jean-Lagineste

Ce sont des hommes et des femmes qui sont chargés de séparer les déchets recyclables qui arrivent mélangés sur ces tapis roulants / © Julie Radenac
Ce sont des hommes et des femmes qui sont chargés de séparer les déchets recyclables qui arrivent mélangés sur ces tapis roulants / © Julie Radenac

Depuis janvier 2019, les consignes de tri ont changé dans la région de Brive, désormais la poubelle jaune accueille tous les emballages qu'ils soient carton, plastique ou métallique. Ces déchets recyclables sont triés au centre de tri de Saint-Jean-Lagineste dans le Lot.   

Par Julie Radenac

" C'est un travail qui a du sens !" Sur sa chaîne de tri, Martine Chenet a les yeux rivés sur le tapis roulant devant elle. Sa mission : enlever toutes les briques en carton. Ses gestes sont rapides et précis. Un travail de concentration et de dextérité que cette habitante de Biars dans le Lot effectue depuis 7 ans. Rien d'aisé, il faut tenir debout 7 heures de rang avec seulement deux pauses dans la journée. L'une de 10 minutes et l'autre de 20 minutes. Pourtant, Martine se félicite de remplir cette mission.

C'est un travail utile pour la planète, pour nos enfants et nos petits-enfants.  

 Comme Martine, ils sont une cinquantaine d'agents à travailler dans le centre de tri de Saint-Jean-Lagineste. Le centre le plus important du département. Ici, ce sont 20 000 tonnes de déchets qui sont recyclés chaque année. Parmi eux, toutes les poubelles jaunes de la région de Brive. Le syttom 19 , le syndicat de transport et de traitement des ordures ménagères de la Corrèze fait en effet trier une partie de ces emballages dans cette installation située dans le Lot. En contrepartie le syded 46, le syndicat d'élimination des déchets du Lot fait incinérer une partie de ses ordures ménagères à l'usine d'incinération de Saint-Pantaléon-de-Larche en Corrèze.

Des machines et des hommes

Une partie du tri s'effectue mécaniquement. Les déchets passent d'abord par le crible rotatif. Une sorte de tambour de machine à laver géante muni de trous de trois dimensions afin de séparer les emballages en fonction de leur taille. Ils passent ensuite sur un tapis aimanté qui va attirer tous les emballages métalliques : boîtes de conserve, de sardines, déodorants, sprays, tous seront compressés ensemble en gros cube à la façon de César, le célèbre sculpteur français.
Même chose pour les papiers qui sont séparés des plastiques au moyen d'une trieuse optique.

Enfin, une nouvelle machine permet de trier l'aluminium grâce à un courant de Foucault, une technologie qui offre désormais une seconde vie aux capsules de café, aux opercules de pot de yaourt, et même aux papiers individuels de fromage à tartiner. Une avancée qui a permis d'étoffer la quantité de déchets recyclés. Et de faire évoluer les consignes de tri !

Des seringues et des cadavres d'animaux

Une fois ce pré-tri effectué, c'est la main et l'oeil de l'homme qui sont mis à contribution. Pour séparer les plastiques clairs des plastiques foncés par exemple ou pour identifier les plastiques qui se recyclent, de ceux qui ne se recyclent pas. Le problème, ce sont les "erreurs de tri". Des déchets qui n'ont rien à faire dans les poubelles jaunes et qui se retrouvent malgré tout sur les chaînes de tri. "Le pire, ce sont les seringues, confie Martine. Tous les jours on en trouve, ça fait peur et quand on se fait piquer, c'est tout un protocole.En raison des risques de maladies, les agents doivent en effet subir une prise de sang. Puis une autre, trois mois après.  

25% des déchets qui arrivent sur les tapis roulants sont des erreurs de tri : couches-culottes, cadavres d'animaux, seringues, ordures ménagères de toutes sortes. Un calvaire pour les agents de tri. / © Julie Radenac
25% des déchets qui arrivent sur les tapis roulants sont des erreurs de tri : couches-culottes, cadavres d'animaux, seringues, ordures ménagères de toutes sortes. Un calvaire pour les agents de tri. / © Julie Radenac

   Les agents découvrent également des cadavres de chiens et de chats. "Un jour, on a même trouvé un boa de près de 2 mètres de long !",  raconte un salarié encore estomaqué d'une pareille découverte. "En période de chasse, on a droit aux tripes d'animaux, s'indigne Martine, dégoûtée. Et dès qu'il fait chaud on a les asticots et les odeurs, alors que normalement ici tout devrait être propre !"

"On ne peut pas jeter la pierre aux seuls usagers, tempère Sylvain Laflorencie, le chargé d'exploitation du centre de tri. Ces problèmes de tri peuvent aussi venir d'une erreur au moment de la collecte."  Peut-être. En attendant, Martine lance un appel à tous : 

Pensez à nous, ce ne sont pas seulement des machines qui trient, il y a des hommes aussi !

Un cri du coeur à retrouver dans ce reportage tourné le 5 juin 2019 par France3 Pays de Corrèze au centre de tri de saint-Jean-Lagineste.
 

Reportage de F3 Pays de Corrèze au centre de tri
Que deviennent nos poubelles jaunes ? Comment sont-elles triées et par qui ? A l'occasion de la semaine du développement durable, les Corréziens étaient invités à visiter le centre de tri de Saint-Jean-Lagineste dans le Lot - J. Radenac, M. Baudouin

Reste que les trois-quart de nos poubelles jaunes sont bien triés et donc parfaitement recyclables ! Une fois le tri des agents effectué, les plastiques sont compressés ensemble et conditionnés sous forme de gros cubes, en attendant d'être acheminés vers une autre usine où ils seront recyclés. Même chose pour les cartons et les métaux.

Et pour s'encourager à trier encore plus et encore mieux, sachez qu'avec 27 bouteilles en plastique on peut faire un pull, qu'il faut 19 000 boîtes de conserve pour construire une voiture et 670 canettes pour fabriquer un vélo. 


     

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