Frédérique Meunier, députée LR de Corrèze, prend position contre le port du masque pour les enfants

Frédérique Meunier, députée LR de la 2e circonscription de la Corrèze, a interpelé le ministre de la Santé le 25 mai en mettant en avant des arguments contre le port du masque pour les enfants. Olivier Véran lui a répondu que la levée de l'obligation n'était pas pour tout de suite.

Frédérique Meunier, députée LR de Corrèze, lors des questions au gouvernement, le 25 mai 2021
Frédérique Meunier, députée LR de Corrèze, lors des questions au gouvernement, le 25 mai 2021 © Assemblée nationale

Lors des questions au gouvernement, à l'Assemblée nationale, mardi 25 mai 2021, Frédérique Meunier, a interpellé le ministre de la Santé sur l'obligation du port du masque chez les enfants, à partir de 6 ans. Dans son argumentaire, la députée LR de la deuxième circonscription de la Corrèze, avance que des professionnels de santé tels que les orthophonistes, thérapeutes du langage et de la communication, s’inquiètent quant au développement neurologique de l’enfant.

"Les premières années de l’enfance sont une période cruciale de développement neurologique. Le langage du nourrisson se développe à travers les interactions sociales, le ressenti, l’imitation. Comment peut-il percevoir les émotions de son interlocuteur, lorsque la moitié du visage de ce dernier est cachée ?" explique Frédérique Meunier, demandant à Olivier Véran de "mesurer la balance bénéfices/risques et de défendre les besoins fondamentaux des enfants en allégeant le protocole sanitaire à leur égard", estimant cette mesure urgente et nécessaire. 

Olivier Véran lui a alors répondu. Le ministre de la Santé a mis en avant d'autres arguments, rappelant que le port du masque obligatoire pour les enfants âgés de 6 ans et plus dans certaines situations a été mis en place "avec l’agrément de la Société française de pédiatrie, sur la base de recommandations de l’Organisation mondiale de la santé et du Haut Conseil de la santé publique.".

"Il faut être très attentif à ce que  le port du masque n’entrave pas le développement de certaines capacités et ne suscite pas l’apparition de troubles au niveau du langage ou troubles « dys ». Nous serons extrêmement vigilants, nous y travaillons avec l’ensemble des professionnels et des spécialistes du secteur" a-t-il ajouté.

Que disent les institutions médicales ?

L'Organisation mondiale de la Santé reconnaît en effet que le port du masque peut être "mal supporté", et présente des "désavantages", chez les jeunes enfants, tout en recommandent le port du masque aux enfants âgés de 12 ans et plus dans les mêmes conditions que les adultes, en particulier lorsqu'ils ne peuvent garantir une distance d'au moins un mètre des autres et si la transmission est généralisée dans la zone concernée.

Le Haut Conseil de la santé publique recommande, en septembre 2020, de rendre systématique pour les enfants de plus de 11 ans le port d’un masque grand public répondant de préférence aux spécifications de la catégorie 1 de l’Afnor.

La Société française de pédiatrie a souvent affirmé que "les enfants, et en particulier ceux de moins de 10 ans, ne contribuent pas significativement à la transmission de COVID19". Cependant, en octobre 2020, Christèle Gras Le Guen, cheffe du service de pédiatrie au CHU de Nantes, secrétaire générale de la société française de pédiatrie déclarait que le port du masque à partir de 6 ans "était une mesure importante à prendre pour protéger les enseignants, les enfants et qui devrait certainement rassurer l'ensemble des familles et les professionnels de l'enfance."

Bénéfices/risques

Dans sa réponse à Frédérique Meunier, Olivier Véran a tenu à rappeler que "aucune contre-indication de nature dermatologique, pneumologique, ORL, phoniatrique ou psychiatrique" n’était de nature à empêcher le port du masque par les plus jeunes. "Il existe bien évidemment des exceptions, que vous connaissez : les tout petits, à savoir les enfants âgés de moins de 6 ans, en sont dispensés ; de plus, nous ne le rendons pas obligatoire en toutes circonstances.

Et de conclure : "Si le moment d’enlever le masque pour les enfants n’est pas encore venu, nous l’autoriserons dès que nous le pourrons, ce dont nous serons, à n’en pas douter, unanimes à nous féliciter".

 

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