“Ceux qui foutent le bordel” : quand Emmanuel Macron parle des GM&S

© France 3 Limousin
© France 3 Limousin

Emmanuel Macron, en visite à Egletons ce mercredi 4 octobre 2017, n'a pas reçu les salariés de GM&S qui souhaitaient le rencontrer. Le président de la République a cependant évoqué les156 licenciés de La Souterraine mais dans des termes peu complaisants. 

Par Hélène Abalo



Il faudrait dire à certains, qu'au lieu de foutre le bordel, de voir s'il n'y a pas des postes là-bas


Ce sont les mots d'Emmanuel Macron, lors d'un échange avec le président de la région Nouvelle-Aquitaine Alain Rousset, ce 4 octobre à l'occasion d'un déplacement à Egletons. Les deux hommes évoquent à ce moment précis, la difficulté d'une fonderie corrézienne à recruter du personnel qualifié.

Emmanuel Macron : "Certains qui foutent le bordel..."
 - France 3 Limousin - Samuel Chassaigne


En employant le terme "là-bas", le chef de l'Etat parle d'Ussel, et de l'entreprise Constellium. Cette séquence, il faut le préciser, a été tournée par une caméra (en l'occurence, celle de France 3 Limousin) autorisée à suivre Emmanuel Macron lors de sa visite à École d'Application aux métiers des Travaux Publics (EATP). Il est peu probable que le chef de l'Etat ignore à cet instant qu'il est filmé. Mais lorsque le président parle de ceux "qui foutent le bordel", de qui parle-t-il ? 



Immédiatement, on pense aux salariés de GM&S. Pourquoi ? Parce que quelques heures avant son arrivée, les salariés ont manifesté à Egletons. Se rapprochant de l'EATP, le cortège qui rassemblait également des élus de la Creuse, a été stoppé par les gendarmes mobiles. La foule a été dispersée par des gaz lacrymogène. Ils voulaient rencontrer le président.

Démenti 

Dans la soirée, sur son compte Twitter, le porte-parole de l'Elysée consteste la citation reprise en ces termes par BMFTV : "+certains+ devraient chercher du travail +au lieu de foutre le bordel+. Bruno Roger-Petit parle de "citation tronquée sortie de son contexte. @EmmanuelMacron a rappelé que la recherche de solutions en matière d'emploi dépend de la responsabilité de tous les acteurs. Exemple : #whirlpool".  




Confirmation... plus nuancée

Emmanuel Macron : "il y a des postes à Ussel"
 - 


Un peu plus tard, lors de la table ronde, lors de son allocution introductive, le président de la République relate l'échange qu'il a eu avec Alain Rousset un peu plus tôt : "J'en parlai d'ailleurs avec le président de la région, d'une situation à quelques kilomètres d'ici, d'une entreprise à Ussel où il y a des offres d'emploi et il y aurait même des emplois pour celles et ceux qui viennent de perdre leur emploi à GM&S. La bonne politique ce n'est pas de savoir s'il faut payer X ou Y de supra-légales, c'est de tout faire pour qu'ils soient formés pour qu'ils puissent trouver des emplois chez Constellium".

Le propos est plus nuancé. L'action collective davantage soulignée. N'empêche que le mal est fait. Les réactions ne sont pas fait attendre. 


Mépris ?

 "Après +les gens qui ne sont rien+ et +les fainéants+, E. Macron récidive avec +y'en a certains qui au lieu de foutre le bordel...+", a tweeté le Parti Socialiste, en appelant "le président de la République à rester maître de son langage et à respecter les Français". Rachid Temal, porte-parole du PS et sénateur du Val-d'Oise, s'est interrogé: "C'est quoi le problème de Macron avec les gens qui ne paient pas l'ISF ?".



"Macron en Corrèze chez Chirac et Hollande pour insulter les ouvriers. Le vrai bordel, ce sont ses ordonnances", a renchéri son collègue socialiste à la Haute assemblée, Luc Carvounas, tandis qu'Oliver Faure, chef de file des députés socialistes à l'Assemblée nationale, a pointé "le mépris social pour les +illettrées+, les +fainéants+ et les +riens+, et +en même temps+ la compassion fiscale pour les grandes fortunes".

Chez La France insoumise, le député du Nord Adrien Quatennens a estimé que "+Chercher du boulot+, Macron ne sait pas ce que c'est. Le +bordel+, c'est lui !". Valérie Boyer, porte-parole des Républicains et députée des Bouches-du-Rhône, a également dénoncé le "mépris" du chef de l'État "pour les Français". 

Le président assume

En pleine polémique, le 5 octobre 2017 en fin d'après-midi, des proches d'Emmanuel Macron ont fait savoir à l'AFP qu'Emmanuel Macron "assume sur le fond", mais regrette l'utilisation d'un "mot familier". 


BONUS : la séquence en immersion à 360 °

 

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