Mort de Justine Vayrac : que faut-il retenir des déclarations de l'avocat du mis en examen ?

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Le Corrézien, mis en examen ce jeudi, a passé sa première nuit en détention, à la maison d'arrêt de Tulle. Depuis, il refuse de parler. Mais son avocat nous a accordé un entretien.

Depuis sa mise en examen pour meurtre, de nombreuses questions se posent concernant la personnalité de cet ouvrier agricole de 21 ans qui a reconnu, lors de sa garde à vue, avoir tué la jeune Lotoise, dans la nuit du samedi 22 au dimanche 23 octobre 2022. 

Lors de la conférence de presse du procureur de la République de Limoges, des éléments d'enquête ont permis d'en savoir plus sur le déroulé de cette nuit tragique et notamment sur les circonstances du décès de la jeune Lotoise. Un corps a, en effet, été retrouvé dans un bois ce jeudi 27 octobre. D'après les premières constatations, tout indique qu'il s'agit de celui de Justine Vayrac.

Les enquêteurs ont également relevé plusieurs coups au niveau du visage, dont au moins un avec une arme contondante. Le mis en examen a seulement reconnu avoir donné un coup de poing qui aurait causé la mort. Mais depuis il se mure dans le silence. A ce jour, il n'y a aucun mobile et aucune explication à son geste.    

Un problème relationnel avec les femmes ? 

Sur cette question, maître Labrousse s'en remet aux expertises : "Je n'ai pas d'élément d'information de ce chef là. (...). Ca, c'est ce que l'instruction va révéler. Il y aura aussi des enquêtes de personnalités. Elles seront confiées à des enquêtrices sociales qui examineront l'environnement familial, sentimental qui permettra de répondre aux questions."

A propos d'une éventuelle préméditation ? 

L'avocat a tenu a remettre les point sur le i : 

"La qualification pénale est celle de meurtre. La préméditation, c'est lorsqu'une personne a calculé à l'avance ce qu'elle allait faire : ca s'appelle un assassinat. Si on avait voulu le lui reprocher ca ferait partie des éléments de poursuite... Hors, (...) c'est le parquet qui les a révélés : enlèvement séquestration, viol avec la réserve que le jeune homme considère que la relation sexuelle a été consentie, et meurtre... mais pas meurtre avec préméditation.

Michel Labrousse, avocat du mis en examen

Face à l'ampleur médiatique de cette affaire, et aux nombreuses interrogations qu'elle soulève, Michel Labrousse, enchaîne les interviews et affiche sa ligne de défense actuelle : dédiaboliser son client.  

On l'a présenté comme un individu qui aurait deux personnalités, une sorte de Janus des temps modernes. Ce n'est pas le cas. Moi, je ne le connais que sous son seul et unique angle, un jeune homme intégré socialement, qui a une vie sentimentale épanouie, une vie sportive de qualité, je crois savoir (...) que c'est un très bon joueur de foot.

Michel Labrousse, avocat du mis en examen

Et l'avocat de continuer en détaillant les nombreux projets professionnels de son client : selon lui, le jeune Corrézien était prêt à créer une entreprise de menuiserie et également à reprendre une exploitation agricole. Titulaire de BEP, d'un CAP d'un Bac plus 2, le meurtrier présumé vient de passer plusieurs épreuves de permis de conduire. 

Sur les réseaux sociaux et selon certains témoignages dans la presse, le meurtrier présumé de Justine Vayrac est décrit comme un personnage irascible, coléreux et violent, ce que conteste l'avocat: "ce jeune homme est considéré par les siens comme quelqu'un de calme, paisible, aucunement violent". 

Mais l'avocat ne donne aucun mot d'explication sur la violence du jeune homme la nuit du drame.

Et sur les faits d'incendie ?

Le mis en examen est déjà connu des forces de l'ordre. Agé de 21 ans, il n'a jamais été condamné par la Justice mais il avait déjà été mis en cause dans une procédure de destruction par moyen dangereux et dégradation. Dans le cadre de cette procédure, il avait été mis en examen et placé en détention provisoire jusqu'au 12 avril 2021. Il faisait l'objet depuis cette date d'une mesure de contrôle judiciaire dont il respectait les obligations. 

L'avocat a donc tenu a rappeler que son client n'a pour l'instant jamais été condamné puisque l'affaire n'a pas encore été jugée.

"Et moi, je vous l'indique, et ça, c'est la défense qui vous le dit. Il faudra plaider la relaxe (Ndlr concernant l'affaire de l'incendie) ; ça signifie qu'il conteste ces faits avec la plus grande fermeté.

Michel Labrousse, avocat du mis en examen

Au terme de cet entretien, il reste donc encore beaucoup de zones d'ombre et de mystère dans cette affaire. 

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