Procès de l'attentat à Charlie Hebdo : retour sur l'itinéraire des frères Kouachi en Corrèze       

Le procès des attentats de l'Hyper Cacher et de Charlie Hebdo s'ouvre ce 2 septembre 2020 à Paris. Le 7 janvier 2015, deux hommes abattent 11 personnes dans les locaux du journal satirique. Retour sur l'enfance des frères Kouachi en Corrèze.
Saïd et Chérif Kouachi, âgés respectivement de 34 et 32 ans, ont été confondus par une carte d'identité retrouvée par les enquêteurs dans la Citroën C3 abandonnée dans leur fuite
Saïd et Chérif Kouachi, âgés respectivement de 34 et 32 ans, ont été confondus par une carte d'identité retrouvée par les enquêteurs dans la Citroën C3 abandonnée dans leur fuite © FRENCH POLICE / AFP
"L'absence des auteurs directs va bien entendu engendrer un sentiment de frustration", a reconnu Jean-François Ricard, procureur de la République antiterroriste alors que se tient, du 2 septembre au 10 novembre 2020, le procès de 14 personnes soupçonnées d'être impliquées dans les attentats de Charlie Hebdo et de l'Hyper Cacher.

Le 7 janvier 2015, Chérif et Saïd Kouachi, lourdement armés, abattent méthodiquement 11 personnes dans les locaux parisiens de Charlie Hebdo. Les dessinateurs Cabu, Wolinski, Charb, Tignous, Honoré, l'économiste Bernard Maris, Elsa Cayat (psychanalyste), Mustapha Ourrad (correcteur), Franck Brinsolaro (brigadier), Michel Renaud (journaliste), Frédéric Boisseau (agent de maintenance), tous sont tombés sous les balles, sans oublier Ahmed Merabet (policier), abattu quelques minutes plus tard, boulevard Richard-Lenoir alors qu'il faisaient face aux terroristes. 

Après 48 heures de fuite, les deux hommes sont tués dans une imprimerie de Seine-et-Marne, après un assaut du GIGN. Ils ne seront jamais jugés pour leurs crimes.

 

Adorables et gentils...

Avant de se radicaliser, avant de devenir des terroristes, avant de commettre l'irréparable, l'impensable, les frères Kouachi, nés à Paris, avaient été des adolescents "sans problème". C'est en tout cas le souvenir qu'en gardent ceux qui les ont croisés en Corrèze entre 1994 et 2000.

Issus d'une famille fragile, orphelins de père très tôt, puis de mère, ils avaient été placés durant 6 ans, à Treignac, au Centre des Monédières, une maison qui accueillait des enfants et des adolescents placés par les services sociaux.


Patrick Fournier, foyer d'accueil de Treignac (janvier 2015)
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Patrick Fournier (foyer d'accueil de Treignac)


"Ce sont des jeunes qui participaient à toutes les activités, manuelles, sportives, et en aucun cas durant ces 6 années, ils ont eu une attitude ou un comportement pouvant faire l'objet de remontrances ou de sanctions. C'étaient des jeunes sans problème", témoignait-on au centre des Monédières en janvier 2015. 
 
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L'aîné, Saïd Kouachi, né en 1980, est arrivé en Corrèze alors qu'il était âgé de 14 ans. Il a passé un CAP Cuisine au Lycée Hôtelier de Treignac. Son frère, Chérif, né en 1982, avait lui 12 ans lorsqu'il a été accueilli à Treignac. Scolarisé d'abord au collège de la commune, de la sixième à la troisième, il est allé ensuite au lycée professionnel de Saint-Junien (Haute-Vienne) où il suivait une filière électronique, mais il n'y a pas décroché son Bac.  

"Il avait des notes tout à fait convenables. 12,22 de moyenne au premier trimestre. Il apprenant bien ses leçons. Il était sympa avec ses camarades, élu délégué de classe. Il nous donnait satisfaction. Il était très gentil" se souvenait alors Françoise, l'une des professeurs de Chérif, juste après les attentats.


Françoise Ronfet, ancienne Professeur de Chérif Kouachi (janvier 2015)
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Françoise Ronfet, ancienne Professeur de Chérif Kouachi

En 2000, les frères Kouachi remontent à Paris et fréquentent une mosquée dans le 19e arrondissement. C'est là que Chérif et Saïd ont commencé à se radicaliser et à entamer un itinéraire qui les mènera à semer la mort.

A Treignac, habitants et responsables du centre des Monédières avaient rapidement souhaité tourner la page des attentats de Paris, pour protéger les pensionnaires du centre, aujourd'hui des mineurs étrangers isolés, et retrouver une vie normale, tout en se demandant toujours comment des enfants sans histoire avaient pu devenir des terroristes.


 
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