Sécurité routière : le retour du 90 km/heure sur les routes corréziennes annulé par le tribunal administratif de Limoges

L'initiative du département de la Corrèze de ramener à 90km/h la vitesse maximale autorisée sur les routes corréziennes vient d'être cassée par le tribunal administratif de Limoges ce 4 juillet. C'est l'action d'une association de lutte contre les violences routières qui a conduit à cette décision, qui prendra effet au 1er janvier 2024. Explications.

90 ou 80 km/h sur les routes corréziennes ? Le tribunal administratif de Limoges vient de trancher, les arrêtés pris par Pascal Coste, le président du département, sont annulés, mais avec effet seulement au début de l'année 2024.

Pour rappel, le département avait pris des arrêtés, les 28 et 30 janvier 2020, pour passer de 80 à 90 km/h la vitesse maximale autorisée sur des sections des routes départementales.

Dans son communiqué, le tribunal rapporte qu'il "admet la recevabilité du recours de l'association nationale de lutte contre la violence routière". La justice "a estimé que ces arrêtés ne comportaient pas les éléments permettant de connaître les raisons de relever le niveau de la vitesse autorisée".

Pourquoi un délai de six mois accordé au département de la Corrèze ?

Le tribunal a estimé qu'il faut laisser le temps aux services du département de changer les panneaux, pour ne pas pénaliser les usagers qui pourraient pour le coup être verbalisés avant l'entrée en vigueur de la décision.

Principaux facteurs d'accidents en Corrèze (sur la période de 2012 à 2017 selon les services du département )

  • 22 % alcool et/ou stupéfiants
  • 21% : défaut maîtrise téléphone
  • 18% : vitesse
  • 14% : refus de priorité

"Pour tenter de convaincre que le département a véritablement réfléchi sur cette question, il publie un classement des facteurs de risques, en prenant soin de bien mettre en avant les facteurs alcool et stupéfiants, puis téléphone. Le message subliminal est clair : agir sur la vitesse n’est pas une priorité", s'indigne la Ligue contre la violence routière.

À la demande de la Ligue, le professeur Claude Got, (expert en sécurité routière) a coordonné une étude de l’accidentalité de 2006 à 2015 sur les 400 000 kilomètres de routes bidirectionnelles sans séparateur médian. Cette étude montre que dans chaque département, 50 % des tués sont recensés sur 15 % en moyenne de la longueur totale de ses routes.

92 cartes contenues dans son étude montrent que les plus « belles » routes (souvent droites, en bon état) sont celles qui totalisent le plus de tués. Ce sont également les voies les plus circulées, celles qui ont le plus gros trafic.

Les zones accidentogènes en Corèze

On compte sur la D1089, qui longe l’autoroute A89, et sur l’axe central D1120 le plus grand nombre de tués de la Corrèze, mais, vu la longueur de ces voies, le nombre de tués au kilomètre de voie reste modéré.

"La Corrèze fait partie des quelques départements caractérisés par un tout petit nombre de voies sans séparateur médian sur lesquelles se concentre environ la moitié des tués. Par ailleurs, les voies sélectionnées sur la carte sont situées dans le voisinage des deux grandes villes Tulle et Brive et sont vraisemblablement celles où le trafic est le plus élevé", précise la Ligue.

"Il y a un an, notre analyse de la mortalité durant les 10 années 2006-2015, sur les voies hors agglomération et hors réseau autoroutier, montrait que les 6 voies suivantes les plus circulées concentraient 54 % des tués et se caractérisaient par les nombres de tués les plus élevés de Corrèze :

  • D1120 avec un total de 20 décès
  • D1089 avec 21 décès
  • D44 (8 décès)
  • D38 (6 décès)
  • D901 (5 décès)
  • D920 (5 décès)

 

L'étude montre que, durant les 5 ans de 2013-2017 et tout au long de ces mêmes six voies, on retrouve l’essentiel des accidents mortels ou avec blessés hospitalisés.

"Augmenter sur ces voies la vitesse maximum autorisée de 80 à 90 km/h", insiste La ligue ne peut donc qu’accroître les nombres d’accidents, de tués et de blessés.

Le conseil départemental a six mois pour faire appel de la décision du tribunal administratif de Limoges.

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