Cinéma en Corrèze : le 7e art interroge la société

Les 15e rencontres du festival cinéma et société se déroulent jusqu’au 4 octobre 2020 en Corrèze. Cette année, le festival propose des projections, des rencontres et des débats autour du féminisme.
 

© Maxppp - Nina Valette - Radio France
Un vent de révolte contre le harcèlement, et toutes formes de domination masculine souffle depuis plusieurs années et notamment dans le cinéma. L’avènement du mouvement #Metoo connu notamment au moment de l’affaire Weinstein (premières révélations le 5 octobre 2017) a encouragé la prise de parole des femmes.

Dans le cinéma français, de nombreuses actrices ont dénoncé la violence des hommes à leur égard. C’est le cas, d’Adèle Haenel qui a accusé Christophe Ruggia d’agression sexuelle. Elle s’est aussi indignée, sortant de la salle à la cérémonie des Césars quand le film « J’accuse » de Roman Polanski a été sacré « Meilleur réalisateur ».  
 
C’est autour de ces actualités que la quinzième édition des Rencontres Cinéma et Société en Corrèze s’ouvre, explique Stéphanie Legrand, coordinatrice de l’association Autour du 1er mai.
 

Si nous avons déjà fait l’édition 2010 sur le féminisme, il nous a paru important de re-questionner sur ce thème cette année. Cette fois, avec un regard plus actuel et plus international.


 
Initié en 2006 par les associations Autour du 1er mai, Peuple et Culture, Cinéma Véo de Tulle, les Rencontres Cinéma et Société s’articulent chaque fois autour d’un thème qui questionne la société et le monde dans lequel nous vivons. Mai 68, le monde ouvrier, le front populaire, l’immigration… et cette année, le féminisme avec une devise : Les filles sages vont au paradis, les autres vont où elles veulent. 
 

Le féminisme au cinéma


Des militantes travaillant dans le textile au Bangladesh, des actrices racontant leur carrière, de jeunes garçons qui s’interrogent sur leur rapport aux filles, Mai 68 raconté par les femmes ou encore la vie entre homme et femme après le génocide au Rwanda… les histoires abordées sont nombreuses dans ce festival.
 
Au total, 26 films sont à l’affiche. Du documentaire, de la fiction, des courts-métrages, des films expérimentaux, un programme réalisé par le Centre Audiovisuel Simone de Beauvoir.

Les spectateurs pourront découvrir des portraits d’artistes, des histoires avec des héroïnes qui se battent, s’expriment, sont solidaires.

Comme dans le long-métrage d' Héloise Prévost "Femmes en mouvement" qui traite du militantisme de femmes travailleuses agricoles brésiliennes contre l'homophobie, le patriarcat, l'agriculture intensive et polluante.
 

L’idée est de montrer des images qui vont à l’encontre de la sous-représentation des femmes et des LGBT+ au cinéma, des stéréotypes et du sexisme. Des films d’auteurs et d'autrices où les femmes et les LGBT+ ne sont pas les faire valoir des héros masculins traditionnels.
 

Un cinéma qui questionne


Dans les salles, les écoles ou encore chez l'habitant (sauf cette année pour cause de Covid), le cinéma questionne. C'est d'ailleurs l'objectif de ces rencontres. Questionner, réfléchir, débattre sur ces grands thèmes de société. 

Doit-on distinguer l'homme de l'artiste ? Comme évolue la place de la femme dans le cinéma ? Comment vivre avec ces questions féministes ? 

Tant d'interrogations posées par les auteurs et autrices de ces films et qui suscitent de multiples échanges. 

Les projections se déroulent à Tulle mais aussi dans la campagne corrézienne à Sérilhac, Saint-Martin-la-Méanne ou encore à Seilhac.  
Un temps fort aura lieu samedi 3 octobre 2020, à 20h30 à Saint-Martin la Méanne avec la cinéaste rwandaise Jacqueline Kalimunda et son film " L'amour au rwanda". 
 
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