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Procès Séréna - La parole est à la défense : “Le responsable, c’est le déni de grossesse”

L'avocate de la défense demande l'acquittement pour la mère de Séréna. / © PHOTOPQR/LA MONTAGNE/MAXPPP
L'avocate de la défense demande l'acquittement pour la mère de Séréna. / © PHOTOPQR/LA MONTAGNE/MAXPPP

En ce dernier jour de procès, ce 16 novembre 2018 devant les assises de la Corrèze, la défense a pris la parole à la mi-journée. Pour l'avocate de Maria Da Cruz, le responsable de tout cela, c'est le déni de grossesse dont a été victime la mère de Séréna. Elle demande un acquittement.  

Par HA, FC, JR

Le déni de grossesse : c'est le coeur du procès de Rosé Da Cruz qui s'achève ce vendredi 16 novembre 2018.

La mère de Séréna, cette petite fille retrouvée dans un état de santé très précaire dans le coffre d'une voiture en 2013, comparaît depuis lundi devant les assises de la Corrèze. Cinq jours pendant lesquels les débats ont principalement porté sur ce déni.

Dans sa plaidoirie, Chrystèle Chassagne, l’avocate de Rosa Da Cruz s'étonne d'abord : "Je ne pensais pas en venant dans ce procès que le déni de grossesse serait autant contesté. Ça peut toucher n’importe laquelle d’entre nous. Je trouve inacceptable d’entendre que ces femmes là sont dans la dissimulation"

Puis l'avocate s'indigne : "Si Rosa Da Cruz avait eu conscience de sa grossesse, elle aurait appelé les secours. Elle n’a pas choisi d’accoucher seule ! Dans les dénis de grossesses, il n’y a pas de contractions."  

 

Pourquoi maintenir en vie une “chose” ?


Après le déni de grossesse, vient le déni d'enfant.
Une thèse contesté par l'un des experts entendu pendant le procès, et reprise un peu plus tôt dans la journée par la partie civile : "Un déni d'enfant qui prolonge un déni de grossesse, c'est une première mondiale". Mais qu'importe, la défense poursuit : "On ne donne pas un biberon à une chose, on ne donne pas un prénom à une chose. Le déni d’enfant c’est un variateur de lumière. De temps en temps elle voit une chose. De temps en temps elle voit un enfant. C’est pour cela qu’elle maintient en vie pendant 23 mois Serena. Qui en est responsable ? Le responsable, c’est le déni de grossesse ! (...) Elle est où l’intention dans tout ça ?!"

 

Stratégie ? 


Au 3e jour de procès, Rosa Da Cruz était revenue sur ses déclarations lors de l'enquête : "J'ai menti, j'ai dit que je m'étais occupée de Séréna pour passer pour une bonne mère, mais c'est pas vrai, je ne m'en suis jamais occupée. C'était une chose".

Des déclarations qui ont fait dire à la partie civile que le déni de grossesse était seulement une stratégie de défense. Avec un "déni d'enfant", Rosa Da Cruz échappera-t-elle à l'accusation de violences volontaires ? 


"Je vous demande que ma cliente ne soit pas déclarée coupable."


L'avocate de la mère de Séréna demande finalement l'acquittement de sa cliente : 
"Aujourd’hui, je demande une décision juste, qui ne soit pas moyenâgeuse. Ma cliente est dans une détresse. Ça ne veut pas dire qu’elle n’a rien fait, que je suis contre Séréna, mais je vois difficilement comment elle pourrait être condamnée : elle a subi, elles ont subi. Pensez-vous une seule seconde qu’elle a voulu ces 23 mois d’enfer ? Elle n'aura jamais assez de toute sa vie pour se le pardonner."

L’avocate termine sa plaidoirie manifestement très émue. Rosa Da Cruz prend alors la parole :
"Je voudrais demander pardon à Séréna pour tout le mal que je lui ai fait. Je sais que je ne reverrai jamais ma petite fille. Je voudrais aussi demander pardon à ma famille et à mes enfants. Je suis désolée."

On attend maintenant le verdict de la cour d'assises de Corrèze.

 

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