Week-end de mobilisation des sages-femmes pour la reconnaissance de leur travail et une hausse des salaires

Un appel national à la grève a été lancé par plusieurs syndicats de sages-femmes du 24 au 26 septembre 2021. Ces professionnels dénoncent un manque de reconnaissance et des salaires trop faibles. 

Plusieurs syndicats de sages-femmes, territoriales, en hôpital, libérales ou étudiantes participent à l’appel national à la grève du 24 au 26 septembre 2021.

Ce samedi 25 septembre à Limoges, des sages-femmes grévistes étaient réquisitionnées à la clinique des Emailleurs. Selon elles, dans leur maternité, 100% des 21 sages-femmes participent au mouvement.

 

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Grève des sages femmes à Limoges ©France Televisions

 

Par ce mouvement de grève national, les sages-femmes dénoncent les annonces jugées décevantes et insuffisantes faites par le ministre de la Santé Olivier Véran, le 16 septembre concernant la profession de sages-femmes et la périnatalité. Un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales sur "L’évolution de la profession de sage-femme" de septembre 2021 est lui aussi contesté.

Une revalorisation salariale insuffisante

Olivier Véran a annoncé le 16 septembre, une revalorisation salariale de 100 euros nets par mois, mais seulement pour une partie des sages-femmes, celles en hôpital. Les sages-femmes qui se considèrent comme les grandes oubliées du Ségur de la santé, jugent cette revalorisation financière largement insuffisante.

"On a peu de reconnaissance, on est précaire et un salaire bas en début de carrière", raconte Laura Faucher, originaire de Corrèze et présidente de l’Association nationale des étudiants sages-femmes (ANESF). "On revendique le statut de praticien hospitalier. Le statut de praticien pour les sages-femmes permettrait d’avoir un grade unique […] Au niveau du recrutement ça permettrait aux sages-femmes de faire de la recherche et de l’enseignement", continue l’étudiante.

Ces professionnels accusent également le gouvernement d’ignorer les problèmes d’effectifs : "En tant que sages-femmes, on n’a pas le temps de prendre le temps. On fait le minimum alors que la base de la profession de sage-femme, c'est l’accompagnement. Tout ce qui est suivi psychologique, on n’a pas le temps. On fait le minimum, ce qui peut amener à des maltraitances institutionnelles", fustige Laura Faucher.

Pour une sixième année pour les étudiants

Les étudiants sages-femmes demandent, eux, une sixième année d’étude pour mieux se former : "Depuis de nombreuses années, nos compétences augmentent : le suivi gynéco, les IVG… Mais on ne nous rajoute pas d’années d’études", fustige Laura Faucher, évoquant également un rythme trop dense et des symptômes dépressifs chez les étudiants.

Dans le Limousin, l’école de sages-femmes du CHU de Limoges devrait participer à la grève. Le 7 octobre, un autre rassemblement est prévu dans la capitale. 

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