Françoise Chandernagor, viscéralement Creusoise

Alors qu’elle vient de reprendre sa tétralogie consacrée à Séléné, la fille méconnue de Cléopâtre et de Marc-Antoine, Françoise Chandernagor habite désormais, pour son plus grand bonheur, à demeure en Creuse. Une terre d'où elle vient, et pour qui sa passion est littéralement viscérale !
Plus qu'une terre, la Creuse, le cœur, la vie, de Françoise Chandernagor !
Plus qu'une terre, la Creuse, le cœur, la vie, de Françoise Chandernagor ! © France Télévisions

« Quand j’étais petite, et que je devais quitter la Creuse, j’allais embrasser les arbres. Et quand j’avais huit, dix ans, j’allais même prendre une petite pastille de terre que j’avalais, pour être sûre de revenir ! ».

C’est avec un immense sourire que Françoise Chandernagor livre cette anecdote. Spontanément, elle ajoute que « c’était comme une communion avec la terre. ».

Une terre, un territoire, un pays, la Creuse, qui est tout pour elle.

Son lieu de naissance, Palaiseau, en banlieue parisienne ? Un accident !

« J’y suis née par hasard, parce que mon grand-père, creusois et maçon, y avait trouvé des chantiers. Mais pour lui, il n’y avait que la Creuse qui comptait, et où il avait gardé la maison qu’il avait construite avec son propre grand-père, et que mon frère habite toujours aujourd’hui ».

Si son père est originaire du Poitou, et que son nom évoque l’Inde, la famille maternelle de Françoise Chandernagor est creusoise, et tous, malgré de grandes carrières parisiennes, y sont toujours revenus.
Mieux, désormais à la retraite tous les deux, Françoise Chandernagor et son mari y sont aujourd’hui installés à l’année, non loin de Méasnes.

« Malgré ma carrière, ma vie, je n’ai jamais aimé la vie parisienne. Quand j’étais à Paris, je pensais à ce qu’il y avait sous le bitume, je me disais : là, il y a de la terre ! […] J’aurais voulu enlever le bitume pour retrouver cette terre.
La Creuse a toujours été tout près. C’était ses arbres, la beauté de ses arbres, c’était ses eaux, la beauté de ses eaux, c’est ce que j’aime le plus. La Creuse m’a toujours paru le plus beau pays du monde. Mon seul désir a toujours été d’y vivre toute l’année.
».

C’est finalement le premier confinement, lié au Coronavirus, qui leur aura fait définitivement franchir le pas, eux qui étaient déjà là plus de six mois par an.

Paris, Françoise Chandernagor y retourne pour ses rendez-vous, pour le prix Goncourt, dont elle est vice-présidente, et pour ses petits-enfants chéris, quand ce ne sont pas eux qui viennent.

Hormis d’eux, et de ses livres, Françoise Chandernagor s’y occupe principalement de ses arbres, pour qui elle est si inquiète, à cause du réchauffement climatique. Quand elle doit en faire couper un, malade, c’est le cœur déchiré qu’elle s’y résout.

Et alors qu’elle vient de reprendre, en mars dernier, sa tétralogie consacrée à Séléné, la fille méconnue de Cléopâtre de de Marc-Antoine, avec la parution du troisième tome, « L'homme de Césarée », et que le dernier est quasi prêt, François Chandernagor pense déjà à ses futurs projets.

« La Creuse est présente dans deux de mes romans, mais jusqu’alors, elle ne se prêtait guère à mes histoires. Mais j’ai à cœur d’en parler d’avantage, d’écrire sur elle, pour dire tout le bien que j’en pense, tout le bonheur que j’y ai trouvé .».

Et cette grande dame des lettres françaises de conclure sur cette dernière anecdote : « Un de mes amis avait sur la Creuse cette belle formule : c’est une île où l’on arrive à pied. C’est exactement cela. C’est mon île ! ».

Françoise Chandernagor, viscéralement Creusoise

 

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