Eau potable : vers une mutualisation de la ressource en Creuse

Image d'illustration / © Max PPP
Image d'illustration / © Max PPP

La pénurie d’eau en Creuse devrait inciter les responsables politiques à mutualiser une ressource qui va devenir rare dans les années à venir.
 

Par Franck Petit

En Creuse, les sources sont très nombreuses. Si bien que chaque ville ou village possède la sienne. Les réseaux d’eau potable sont donc historiquement indépendants les uns des autres. Dans le département, on compte 68 communes en régie propre, et une vingtaine de syndicats.
 

Sécheresse

Après deux étés de sécheresse, on constate que les sources coulent à flot à Gentioux-Pigerolles. La commune se situe à près de 800 mètres d’altitude, et est alimentée par l’eau que l’on trouve encore en quantité dans les tourbières.

Du côté de Guéret, la situation est toute autre. L’eau s’est tarie et on a dû se résoudre à pomper celle qui se trouve dans l’étang de Courtille.
 

Mutualiser la ressource

L’agence de l’eau est un organisme de l’état qui participe à la gestion d’une ressource qui devient de plus en plus rare.

Cet établissement a demandé au conseil départemental de la Creuse de réfléchir à une interconnexion des dizaines de réseaux d’eau indépendants de la Creuse à travers un schéma départemental d’adduction de l’eau potable. Il s’agit de faire un état des lieux et de dresser des perspectives  en se projetant sur une vingtaine d’année. Pour Olivier Raynard, directeur de la délégation Poitou Limousin de l’agence de l’eau,

Une crise comme celle d’aujourd’hui doit amener les élus de la Creuse à se poser la question du regroupement.
 

Un coût gigantesque

Michel Vergnier, maire de Guéret, estime que  l’interconnexion des réseaux d’eau de la Creuse pourrait coûter plus de 100 millions d’euros. Les travaux pourraient durer plus de 15 ans.

Il ne faut pas s’abriter derrière ce coût gigantesque pour ne pas les réaliser.

 
La réaction de Michel Vergnier / Extrait de l'émission Dimanche en politique limousin
 

Financement

L’agence de l’eau pourrait financer jusqu’à 30% des travaux. Le département devra aussi contracter des prêts sur plusieurs décennies auprès de la banque des territoires.

Et puisqu’en Creuse, seuls 80000 personnes sont abonnées à l’eau potable, il faudra aussi miser sur la solidarité nationale dans les années à venir.

D’autant qu’en plus des interconnexions, il faudra penser à changer les tuyaux qui amènent l’eau chez les consommateurs. Ils ont déjà plus de 50 ans !

Autant dire que la charge sera très lourde à supporter pour le petit département.
 
Interconnexion réseaux d'eau

 

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