POLEMIQUE. Le permis de construire de l’usine controversée Biosyl est-il valide ?

C’est un sujet qui fait couler beaucoup d’encre : un projet d'usine de granulés de bois pour le chauffage doit s’installer cette année dans une zone industrielle au nord de Guéret. L’agglomération soutient l’opération alors que la maire de Guéret et la députée de la Creuse s’y opposent. Cette dernière annonce ce samedi 2 mars que le permis de construire n’est pas conforme avec le plan d’urbanisme.

Promoteurs du projet, ONF et majorité communautaires d’un côté. Associations environnementales, maire et députée de l’autre. Comme souvent autour de Guéret, les projets ne font pas consensus.

Plan local d'urbanisme 

L’installation d’une usine de granulés de chauffage portée par l’entreprise Biosyl fait des remous depuis plusieurs mois. Elle doit prendre place sur deux communes, Saint-Fiel et Guéret. Ses promoteurs mettent en avant le développement économique du secteur, ses opposants défendent la forêt et demandent de la prudence.

Aujourd’hui, dans un message publié sur X (ex Twitter), la députée LFI de la Creuse Catherine Couturier fait part d’une nouvelle information : "La @Prefet23 me confirme que le permis de construire instruit par la mairie de St Fiel du projet écocide Biosyl n'est pas conforme avec le Plan d'urbanisme. Monsieur le Maire, retirez votre permis !" 

Contactée ce jour par téléphone, Catherine Couturier explique que le Plan Local d'Urbanisme (PLU) de Saint-Fiel a été modifié en juin dernier. Le projet de Biolys a été validé selon l'ancien PLU. Mais selon le nouveau PLU, une partie du terrain est transformée en zone naturelle, désormais inconstructible. Pour la députée, "le maire n'a pas d'autre choix que de retirer son permis de construire et l'entreprise doit faire des modifications."

Retard ?

Joint également au téléphone ce samedi, Eric Correia (parti radical de gauche), président de la communauté d’agglomération du Grand Guéret et partisan du projet, ne semble pas inquiet. Il reconnaît clairement : "Je vous confirme que le projet ne sera pas construit en zone naturelle."

Que va-t-il alors se passer ? Pour Eric Correia, "c’est une toute petite partie du projet qui est sur une zone naturelle. Elle ne se fera pas, mais cela ne provoquera pas forcément de retard."

La mobilisation contre le projet semble en tout cas se poursuivre. Fin janvier, les opposants réflechissaient à des recours contre l'arrêté préfectoral autorisant les travaux.