VIDÉO. Histoire : les thermes d'Évaux-les-Bains ont accueilli les soldats de la Grande Guerre

On connait Evaux-les-Bains pour ses eaux thermales mais on connait moins son histoire. Une histoire qui remonte à l’époque romaine et à la naissance des bains chauds mais aussi, plus récemment, au début du 20 eme siècle. Durant la première guerre mondiale, les thermes furent en effet transformés en hôpital militaire avant de devenir un centre d’internement en 1942. Des thermes qui, par la suite, furent entièrement gérés par la municipalité. Une histoire donc mouvementée qui a fait l’objet d’un livre écrit par Marc Hervy, un historien local. ©France Télévisions

C'est une histoire à rebondissements qui remonte à l’époque romaine et à la naissance des bains chauds, et qui se poursuit, plus récemment, au début du 20ᵉ siècle. Durant la Première Guerre mondiale, les thermes furent transformés en hôpital militaire avant de devenir un centre d’internement en 1942. Découverte avec l'aide d'un historien de Creuse.

Marc Hervy, historien local, s'est penché sur la longue, mais passionnante histoire du thermalisme en terres creusoises. Une passion, qu’il partage avec ses amis, un ancien élu et un médecin, et qui a donné lieu à un livre. 

Évaux-les-Bains est en effet un livre d’histoire à ciel ouvert. Il y a, tout d’abord, la période gallo-romaine, à la fin du 1ᵉʳ siècle, qui fut mise au jour grâce à des fouilles archéologiques. C’est la naissance des thermes.

La Grande Guerre

Des thermes qui seront toujours là quand arrive la guerre de 14/18 : "L'hôpital 145 bis d'Évaux-les-Bains, c'était le grand hôtel thermal, il a été répertorié sous ce numéro". 

Durant la Grande guerre, Évaux-les-Bains va accueillir des milliers de blessés, soulagés par la vertu de ses eaux.

"Les blessures par éclat d'obus, les plaies les plus longues, par balle très peu, surtout les éclats d'obus et surtout les maladies dues au froid et à l'humidité : rhumatismes, tuberculose, les maladies d'hygiène, les pieds gelés, etc. Les thermes apportaient beaucoup de bien aux blessés. Un peu trop efficace, ça écourtait les convalescences, parait-il", confie Marc Hervy.

La Seconde Guerre mondiale

Sitôt la paix revenue, les thermes reprennent leur fonctionnement. On y vient d’un peu partout. Pour soigner ses rhumatismes et ses phlébites. Mais la Seconde Guerre mondiale va stopper net cette Belle Époque. En 1942, les thermes sont transformés en camp d’internement. "La garde était sommaire, ils n'avaient pas de mitrailleuse, juste des fusils mitrailleurs et des fusils de chasse, parait-il." 

Le régime de Vichy y enferme des personnalités. Léon Jouhaux, patron de la CGT, Édouard Herriot, le Président de la Chambre des députés ou encore Henri Martin, un cagoulard, royaliste et anti-allemand.

"Il y en a qui restaient huit jours, d'autres un an et demi, voire vingt mois, ça dépendait."

L'essor des années 70 : "il y avait encore le train à l'époque"

"La renommée des eaux d'Évaux provient de leur radioactivité, elle est de l'ordre de 2,34 millimicrocurie. C'est la première station du monde pour le débit d'émanation du radium dans l'air", vante un reportage de 1968. Une réclame dont les arguments semblent nettement moins vendeurs aujourd'hui. 

Au début des années 70, les thermes sont en plein essor. Il faut dire que la mairie a décidé de municipaliser les installations qui ne sont pas du dernier cri. "Les thermes étaient très proches de ce qu'elles pouvaient être dans les années 1900. Les baignoires étaient sous le niveau de la terre. Les soins étaient réduits à des bains et à des massages sous l'eau et de douches" explique Jean-Marie Latour, médecin thermal de 1977 à 2008.

"Les gens venaient par le train. Il y avait encore le train à l'époque, c'était important. Il y avait cinq ou six hôtels. L'hôtel Chardonnet allait chercher en calèche les curistes à la gare", évoque, un brin nostalgique, Joseph Saintemartine adjoint au maire d'Évaux-les-Bains (DVG), de 1965 à 1995. 

Aujourd’hui, les thermes d’Evaux-les-Bains n’ont pas tout effacé de ces époques tantôt douloureuses, tantôt heureuses. Une plaque rappelle 1942. Et sur la façade du Grand Hôtel, des céramiques polychromes renvoient au charme suranné d’un autre siècle.

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