Portrait d'une jeune médecin de campagne, heureuse, sur le plateau de Millevaches

La baisse du nombre de médecins est une préoccupation constante en Limousin, mais il y a aussi des lueurs d'espoir. Une jeune généraliste vient de s'installer sur le plateau de Millevaches, elle nous parle de son choix.

© André Abalo
Jeune femme, dynamique, toujours en mouvement, le docteur Aude Vandenbavière n'a pas l'image habituelle du médecin de campagne. Pourtant,ce jour-là elle accueille ses patients à Faux la Montagne, aux confins de la Creuse et de la Corrèze. A 33 ans, elle s'est installée dans le secteur en juillet dernier. Une présence appréciée dans un secteur qui manque évidement de médecins.

Première particularité, Aude Vandenbavière travaille désormais dans une maison médicale répartie sur cinq communes du secteur : Sur un territoire qui est dispersé et qui est de la petite montagne, c’est vraiment pour que tout le monde puisse avoir un médecin a disponibilité dans les 15-20 minutes et pas à 35 ou 45 minutes. Explique le docteur.
 
Medecin de campgane, Faux-la-Montagne

Son cabinet principal est à Bugeat, 20 kilomètres à parcourir sur de petites routes.  Elle apprécie, le paysage, le rapport au patient, et la grande variété des prises en charges. Mais ce qui la séduit le plus, c'est le travail en équipe : On est comme une équipe d’amis qui travaillent ensemble. On se pose des questions, on ne se juge pas. Quand on a un problème avec un patient on s’appelle, ce qui fait que même sur les urgences, on sait qu’on peut compter les uns sur les autres. Et ça c’est juste génial ! Il y a une sorte d’entraide sur le plateau dans ce groupe qui fait qu’on ne se sent pas toute seul, on se sent en sécurité même si on est à Perpète-lès-oies complètement paumé en pleine campagne.

Illustration à Bugeat où elle retrouve le docteur Timothée Grenaille. Ils peuvent échanger sur les cas de patients communs. C'est un camarade de promotion arrivé ici il y a déjà cinq ans. Elle a découvert son mode de travail un soir sur les réseaux sociaux : le week-end suivant je suis arrivée chez Timothée, on s’est raconté nos vies, et puis deux semaines après j’étais dans notre collocation à la fourmilière et je travaillais, j’ai remplacé Timothée dans la foulée et je me suis installée six mois après.
 
Le docteur Vandenbavière a fait le choix de la collocation.
Le docteur Vandenbavière a fait le choix de la collocation. © André Abalo


La fourmilière, c'est une grande colocation où l'on trouve entre autres trois pharmaciens, et un ostéopathe.  Aude Vandenbavière habite dans une Tiny House, une petite maison de bois posée dans le jardin. Une vie proche de la nature et des autres : je pense que le concept c'est de se dire que la collocation ce n’est pas forcément uniquement pour les étudiants, mais c’est aussi pour toutes les générations. On est dans une société où on a un manque de lien social entre les gens et toutes les générations. Précise Aude Vandenbavière.

Tous ces échanges ont aussi, bien évidemment, un impact concret pour les patients. 

Ce soir-là, au centre sportif de Bugeat, elle anime une séance d'information sur le partage d'activités, pour permettre aux infirmiers, aux kinés ou aux pharmaciens de prendre en charge de nouvelles consultations : clairement je trouve que c’est effectivement plus simple dans des petites structures comme la nôtre et puis parce que nous on en a vraiment besoin en fait.

Dans les prochaines années, certains médecins du secteur cesseront leur activité, il faut déjà trouver des solutions. Mais avec cette équipe, 
c'est une nouvelle pratique du soin qui est en train de s'écrire.

 
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