Prix du carburant : la baisse, doublée de la ristourne de 20 centimes, font tousser les concurrents

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Écrit par Robin Spiquel avec Nassuf Djailani

Depuis une semaine, la flambée du prix du carburant connaît une accalmie. À la ristourne gouvernementale de 30 centimes par litre s’ajoute celle de Total à 20 centimes par litre. Un dispositif qui réjouit les automobilistes mais qui entraîne aussi des pénuries dans certaines stations et le mécontentement des concurrents.  Exemple à La Souterraine en Creuse.

La bâche rouge avec mention « Station Hors service » est presque un comble pour les usagers. Devant la station Total de La Souterraine en Creuse, la mention a de quoi faire enrager les automobilistes venus faire des affaires. Ils savent qu’en plus des 30 centimes d’aide gouvernementale accordés à la pompe, Total rajoute une ristourne de 20 centimes supplémentaires. Et les bonnes semaines, la file d’attente dégorge jusqu’à plusieurs mètres dans la rue devant la station, gênant même la circulation dans cette ville de 4653 âmes.

 

Mais ce jour-là, la station est à sec, victime du succès de la ristourne gouvernementale. « Je n’ai jamais vu autant de monde à la station-service qu’actuellement », s’étonne Jérémie Lebon gérant de la station.

 

« Ce que je passe en 12 ou 13 jours, je le passe en 2 ou 3 jours maximum constate le marchand. Donc cela fait deux fois que je suis en rupture de stock depuis le 1er septembre ».

 

En attendant le réapprovisionnement, de nombreux automobilistes continuent de venir pour tenter de trouver du carburant bon marché qui se fait rare.

« Je cherche du gasoil, raconte Daniel, polo bleu, malheureusement, il n’y en a plus » se désole-t-il en remontant sa vitre.  « J’étais venu voir les prix car j’ai entendu qu’il était à 1,60 euros. Je viens de Fursac à 12 km pour me renseigner. On est à la campagne, on a besoin de prendre la voiture, on a besoin d’avoir un plein au cas où ». Un autre automobiliste, Jean-Yves, venu d’encore plus loin, explique qu’il a bien une station plus proche mais « comme tout le monde, on regarde le prix du litre à la pompe, on compare ».

Face à ses clients dépités, Jérémie souffle une réponse par la fenêtre : « cet après-midi, je dois être livré », fait-il à un client contrarié qui referme la portière de sa Renault blanche, en promettant de revenir.

 

Dans les autres stations de la ville, la pénurie du jour chez Total maintient l'activité, mais avec un tel écart de prix, la situation inquiète les concurrents.

 

« Total est aussi fournisseur des grandes surfaces, de Picoty notamment, et on s’interroge sur les raisons pour lesquelles on ne bénéficie pas de cette remise de 20 centimes qu’on aurait pu aussi répercuter aux particuliers », se désole Bruno Marchat, secrétaire général chez Picoty SAS.

 Surtout que ce distributeur ne réalise en moyenne qu'un centime de profit par litre vendu. Une marge de manœuvre beaucoup plus limitée.

« Nous sommes des distributeurs, et Total lui est dans l’extraction, dans le raffinage où les marges, à l’heure actuelle, sont beaucoup plus importantes que dans la distribution. Donc cela permet à Total d’avoir un peu plus de marge de manœuvre sur sa politique de prix », regrette le secrétaire général de Picoty.

 

Ces distributeurs n'ont donc d'autres choix que de miser sur les nombreux services proposés en station pour se démarquer et espérer garder leur clientèle.

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