Crise du coronavirus : les jardins potagers ont le vent en poupe

Avec le confinement lié au coronavirus, les Français ont redécouvert les vertus du jardin potager. Entre coaching en jardinage et ruée sur les plants et semences, le point en Corrèze sur un phénomène sociétal amené à durer.

© Pixabay
Emmanuel Pereira croise les doigts : le directeur de Jardiland Brive espère bien que la ruée actuelle sur son rayon jardinage et plants maraîchers-potagers va continuer en juin.
Depuis début avril et l'arrêté ministériel autorisant la vente de plants potagers dans les jardineries, le chiffre d'affaire de ce rayon à explosé de 35% dans son magasin ! Un phénomène constaté dans toutes les autres jardineries. Résultat : impossible de répondre à la demande, et des rayons en rupture de stocks.

La tomate, reine du potager


Parmi les produits les plus demandés, tout ce qui a trait au potager, avec en premier lieu, les plants de légumes.
Et dans ce domaine, la star, et loin devant tout le monde, c'est la tomate.
Cette dernière s'arrache, et en particulier les variétés anciennes, type cornue des andes, coeur de boeuf ou encore noire de Crimée...
Après des mois de mars et avril catastrophique, entre moins 50 et 60% de chiffre d'affaire, Emmanuel Pereira espère que cet intérêt retrouvé pour le jardinage lui permettra de limiter les dégats. Il ne rattrapera pas le manque à gagner, mais si tout va bien, la perte se limitera entre 10 et 15%.

 
© Bohdan Chreptak de Pixabay
 

Des plantations très précoces


Même son de cloche aux serres des fleurs de la grange à Saint-Viance.
Depuis le début du confinement, mi mars, le téléphone de Lucette Vialle n'a cessé de sonner. 
Mise en place d'un drive, livraisons à domicile : tout a été fait pour essayer de limiter les dégâts, et répondre à la forte demande des clients. Lucette regrette juste que la Préfecture n'ait pas accepté sa demande d'ouvrir 15 jours plus tôt, ce qui lui aurait permis de compenser un peu le manque à gagner...
Tout a commencé par la vente des plants de petits fruits rouges (fraises, groseilles, framboises...) qui a explosé dès le mois de mars. Dans la foulée, ce sont là encore les plants de tomates, mais aussi de salades et, curieusement, de  poivrons, qui se sont arrachés.  Terreaux et autres amendements naturels se sont aussi très bien vendus.
Des plantations très précoces, près d'un mois, ce qui a inquiété Lucette, mais heureusement cette année, la météo a été clémente, et les saints de glace ne sont pas venus perturber ce bel engouement...
La productrice a vu arriver de nouveaux clients souhaitant créer des potagers avec leurs enfants, essentiellement des trentenaires ou quarantenaires, très axés sur la permaculture, cette nouvelle forme de jardinage plus soucieux de l'environnement.
Des néophytes pour la plupart, ayant très peu de connaissances en jardinage, ce qui inquiète notre productrice : elle espère que la sécheresse de l'été, ou des conditions météos moins favorables l'année prochaine, ne dégouteront pas ces nouveaux adeptes du jardinage ! En tout cas, Lucette constate  un vrai engouement pour le jardinage dit "nourissier", et espère que cette vague de fond s'installera dans le temps.
   

Apprendre à jardiner, c'est possible


Tout ces nouveaux jardiniers amateurs vont devoir apprendre énormément de choses !
Comment et quand planter, quoi, quel entretien et amendements...
Jardiner ne s'improvise pas si l'on souhaite remplir son panier de beaux et bons légumes.
Pas facile lorsqu'on a pas un père ou grand-mère pour transmettre ce savoir faire.
D'où l'idée de Charlène Ray. L'année dernière, cette jeune corrézienne a crée son entreprise de coaching et création en jardinage personnalisé.
Elle anime des ateliers d'initiation auprès des colonies de vacances, centres de loisirs, avec également au menu des sorties pédagogiques. Autre volet de son activité qui devrait certainement connaitre un grand succès : du coaching en jardinage à domicile auprès des particuliers. Charlène vient directement dans votre jardin vous expliquer les rudiments du jardinage, comment tailler vos arbres, ou encore reconnaitre les parasites et autres maladies.
Le thème est fixé selon les saisons et attentes des clients (groupe de 8 à 10 personnes maximum). A raison de 50 € l'heure, elle transmet son savoir (elle est aussi professeur d'horticulture au lycée horticole de Voutezac), ou plutôt sa passion.
Une idée de cadeau originale pour la fête des mères ou un anniversaire !
 

+ 140% de vues pour les vidéos de jardinage


De façon plus générale, le confinement a incité les Français à réapprendre ces gestes et savoirs faire ancestraux.
Sur Youtube, le nombre moyen de vues quotidiennes des vidéos consacrées à la thématique "jardinage" a augmenté de 140 % depuis le 15 mars.
Un engouement constaté aussi sur le moteur de recherche Google qui a vu les recherches en lien avec le jardinage exploser.
Planter des graines, bêcher la terre, récolter sa production : un retour à la nature et une recherche d'authenticité qui, finalement, a du bon.
D'après les psychiatres, le jardinage induit un rythme, et des résultats, qui nous rassure et nous émerveille. Un merveilleux moyen d'évacuer le stress ambiant...
 
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