Deux-Sèvres : la hausse de la population de sangliers "commence à devenir dangereuse pour la circulation"

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Écrit par Amaëlle Brignoli
Le sanglier est capable de parcourir jusqu'à 40 kilomètres en une nuit.
Le sanglier est capable de parcourir jusqu'à 40 kilomètres en une nuit. © France Télévisions

Ce vendredi 24 décembre, trois voitures ont percuté un troupeau de sangliers qui traversait la route, à Bressuire. Dans le département, l'inquiétude grandit face à la prolifération de ces mammifères, ces dernières années.

L'accident s'est produit la veille de Noël, une fois la nuit tombée. Sur la RN149, à Bressuire, un troupeau de sangliers s'est mis à travers la RN149. Deux voitures les ont percutés, une troisième n'a pas pu freiner à temps. 

Rien de très grave, heureusement. Sur les sept personnes impliquées dans l'accident, une seule a été transportée au Centre Hospitalier Nord Deux-Sèvres pour de légères blessures. Il n'empêche : cet accident est révélateur des problématiques que l'augmentation de la population de sangliers pose dans le bocage bressuirais, et plus largement dans le département.

De nombreux accidents routiers

"Récemment, nous avons eu plusieurs accidents, heureusement tous matériels, dus à la traversée de sangliers, confirme Emmanuelle Ménard, maire de Bressuire. Je n'irais pas jusqu'à dire qu'il existe un réel danger sur les routes, mais il y a bien une recrudescence de ces animaux sur les voies de circulation." Et comme le souligne l'élue, la municipalité n'est pas au courant de tous les accrochages et accidents évités de justesse. 

Ca commence à devenir extrêmement dangereux pour la circulation

Claude Martineau

Dans la nuit du 24 décembre, un autre accident s'est produit, cette fois sur la D759, à proximité d'Argentonnay. Claude Martineau, président d'une Association communale de chasse agréée (ACCA), en a été le témoin : "Une voiture a percuté une dizaine de sangliers qui traversaient la route. Deux autres oitures sont arrivées et sont rentrées les unes dans les autres".

Cette fois encore, pas d'accident corporel. "Mais c'est assez courant dans le coin, reprend-t-il. Ca commence à devenir extrêmement dangereux pour la circulation."

Une augmentation de la population de sangliers...

Cette "prolifération" de sangliers, Guy Guedon ne peut que la constater. "Jusqu'à ces dernières années, nous avions principalement des dégâts agricoles sur les cultures d'été, précise le président de la Fédération de chasse des Deux-Sèvres. Depuis l'année dernière, il y a une croissance exponentielle des accidents routiers"

Difficile de chiffrer le nombre de collisions causées par des sangliers dans le département. Mais pour mesurer l'augmentation de leur population, le tableau de chasse du département peut être un indicateur. En 2019, 2200 sangliers ont été abattus, près de 3000 en 2020. "Cette année, nous devrions dépasser 4000 sangliers prélevés", estime-t-il. Soit plus du double qu'en 2019, avec le même nombre de permis de chasse délivrés dans le département. 

... Liée à la forte production de glands

Une augmentation de la population qui s'explique par un facteur alimentaire, selon Guy Guedon. "Nous avons eu plusieurs hivers avec de fortes productions de glands, et la consommation de ces fruits est très favorable à la reproduction chez le sanglier. Aussi, nous sommes dans une zone agricole avec des cultures de maïs abondantes, ce qui est favorable à un plus grand nombre de petits par portée". 

Résultat : les laies font trois portées de sept à dix petits par an, contre une portée de trois ou quatre auparavant. "L'année dernière, nous pensions que nous avions limiter les reproducteurs. Mais force est de constater que nos battues ne suffisent plus", reconnaît-il. 

Que faire ?

La fédération de chasse des Deux-Sèvres a bien quelques pistes en tête. "Nous demanderons à la préfecture la levée de la limite au plan de chasse dans les zones à gros dégâts, c'est-à-dire l'autorisation d'augmenter le nombre de sangliers prélevés lors des battues", déclare son président.

De son côté, la maire de Bressuire propose d'installer des grillages sur les bords de routes, afin de les préserver de toute traversée de gibier. "En tant que municipalité, on peut aussi donner l'autorisation de battues, mais nous ne sommes pas toujours certains qu'elles aboutissent", explique Emmanuelle Ménard. 

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