Dans les Deux-Sèvres, une cantine scolaire gérée par des parents d’élèves privilégie le local et le bio

À Saint-Jean-de-Thouars, dans les Deux-Sèvres, une dizaine de parents d’élèves gèrent la cantine scolaire. C’est l’une des seules du département à être administrée en direct par une association indépendante. Leur but : proposer des menus de qualité et favoriser le local.

La cantine de Saint-Jean-de-Thouars fait partie des rares exceptions à être gérée en direct par une association de parents d'élèves. (Photo d'illustration)
La cantine de Saint-Jean-de-Thouars fait partie des rares exceptions à être gérée en direct par une association de parents d'élèves. (Photo d'illustration) © Philippe Vacher / MaxPPP

Privilégier les circuits courts et le manger local. Une envie qui ne cesse de gagner du terrain chez les Français. À la cantine de Saint-Jean-de-Thouars, dans les Deux-Sèvres, c’est déjà une réalité depuis plusieurs années.

Cette commune d’environ 1 400 habitants a un fonctionnement bien particulier puisque la cantine, qui relève habituellement de la mairie, est sous la responsabilité d’une association composée d’une dizaine de parents d’élèves bénévoles. L’une des seules cantines en autogestion du département.

"On prend le temps de rencontrer les producteurs"

Il y a quatre ans, la cantine a remplacé les barquettes par du frais, du local et du bio. Objectif : “privilégier la qualité des aliments que l’on retrouve dans les assiettes de nos enfants”, explique Virginie Boyer Primault, co-présidente de l’association. Avant d’ajouter : “On prend le temps de rencontrer les producteurs du coin pour voir si leur travail fait partie des valeurs que l’on souhaite mettre en avant dans nos menus.”

Ainsi, toutes les six semaines, l’association se réunit pour réfléchir à la conception des menus à venir pour les 160 élèves, avec un maximum de produits locaux et biologiques. Et communiquent le menu sur Facebook. Pour les fruits, les légumes et la viande, l’association passe commande à un grossiste, basé à Bressuire, qui s’approvisionne à Nantes. “Avec le grossiste, on a l’assurance d’être approvisionné aux vues des quantités que l’on demande”, explique la coprésidente de l’association.

Du fait maison dans les assiettes

Depuis 15 ans, Christelle Billy se charge de préparer les repas des petits écoliers aux côtés de Christelle Chauvet. Elle reconnait la chance qu'elle a de cuisiner avec des produits frais et locaux. “Voir des camions qui viennent déposer des plats déjà préparés à réchauffer, ce n'est pas agréable”, compare la cantinière. "On n’est pas là seulement pour enlever des opercules. On est là pour cuisiner, et expliquer aux enfants ce qu’ils mangent.”

Et au menu du jour de ce mardi 2 mars : taboulé oriental, sauté de porc au curry, flageolet et... yaourt d’un producteur local, Pascal Pineau, installé à quelques kilomètres, à Sainte-Radegonde. “Je tire mon chapeau à ces parents d'élèves ”, salue l’éleveur. “Ces petites structures ont un budget serré mais décident de privilégier nos produits artisanaux, parfois plus chers que des produits industriels. Faire le choix de la qualité, c’est une belle initiative.”

La cantine va plus loin en mettant en place des menus végétariens tous les 15 jours. Et essaie de lutter contre le gaspillage en permettant aux enfants de se servir seulement en fonction de leur appétit. L’association assure que privilégier le bio et le local n’a pas eu de répercussion sur le prix demandé aux parents ces dernières années : 2,90 euros par repas, la participation de la commune étant de 30 centimes.

 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
agriculture bio agriculture économie agro-alimentaire éducation société