Deux-Sèvres : projet d'agrandissement d'un élevage d'oiseaux pour la chasse, EELV dit non

Près de Thouars (Deux-Sèvres), une société d'élevage de faisans et de perdrix pour la chasse sollicite une autorisation d'exploitation pour 95.000 oiseaux. La section départementale d'Europe-Écologie Les Verts s'y oppose.

Passer de 66.000 à 95.200 emplacements dans ses volières. C'est la teneur du projet de la SAS Belac basée à Missé, près de Thouars (Deux-Sèvres). Elle souhaite agrandir son élevage de gibiers à plumes sur l'une de ses exploitations située au lieu-dit Le Chail, à 3 km du centre de La Peyratte. Elle a déposé une demande d'autorisation en ce sens ; l'enquête publique s'est achevée le 22 octobre. 

"Folie des grandeurs" 

Sans attendre les conclusions du commissaire-enquêteur, la section départementale d'Europe Écologie Les Verts a exprimé dans un communiqué, sa ferme opposition à ce projet. Outre le non-respect du bien-être animal, la surpopulation et des cages jugées trop petites, EELV dénonce "la folie des grandeurs" de l'élevage destiné aux pratiques de chasse de loisir.

"95.000 oiseaux de grands espaces en simultané sur une surface totale de 6,26 hectares, bâtiments, cages de reproduction, volières comprises est une situation qui ne devrait pas exister compte-tenu des risques sanitaires accrus par une telle concentration d'animaux. À l'heure des normes de bio-sécurité qui s'appliquent à tous les élevages, ajoutées à la fragilité sanitaire des élevages destinés à l'alimentation humaine, il n'est absolument pas raisonnable d'autoriser une telle extension" argumente EELV. 

Europe-Écologie les Verts pointe également les risques pour l'environnement, et notamment "la pollution des eaux par les déjections (...) à l'amont immédiat du Thouet, y compris par l'usage destructeur d'une zone humide classée au plan communal des zones humides. Les quantités d'azote et de phosphore produites et déposées en fientes « non maîtrisables », qui posent déjà problème, sont doublées."

EELV craint des "conséquences non étudiées sur la faune aquatique des pollutions par les produits phytopharmaceutiques que ce type d'élevage impose."

Dans le viseur de L214 

Outre l'augmentation de son cheptel, la société SELAC dont le siège est situé à Missé (Thouars) prévoit d'installer une nouvelle volière de plus de deux hectares équipée de panneaux photovoltaïques et quelque 2.000 cages.

Propriété du groupe GiboVendée, leader européen du secteur, elle avait été récemment épinglée par L214. L'association avait dévoilé une vidéo mettant en cause les conditions d'élevage des oiseaux sur le site de Missé qualifié "d'usine de chair à fusil".

Le PDG de Gibovendée Denis Bourasseau avait alors répondu aux accusations de maltraitance expliquant que "les images montrées" n'étaient "pas objectives, ni représentatives". 

 

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