Suivi actif des chevreuils dans la réserve biologique de Chizé (Deux-Sèvres)

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Écrit par Coralie Roland

Si vous êtes passés ce mardi dans la réserve de Chizé, peut-être les avez-vous croisés : 200 personnes étaient mobilisées mardi 20 février pour capturer, marquer et étudier la population de chevreuils de la réserve.

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Depuis près de 40 ans, dans la réserve de Chizé, les chevreuils font l'objet d'un suivi biologique. Ce suivi est rendu possible par un partenariat entre l'Office national de la chasse de la faune sauvage, le CNRS, l’INRA, des universités, des écoles vétérinaires.

Le 20 février dernier, le grand public était invité aujourd'hui a assisté à une séance de capture de chevreuils dans la réserve de Chizé dans les Deux-Sèvres. Il s’agit d’abord de déloger l'ensemble des chevreuils qui vivent sur une parcelle de 83 hectares entourée de filets.

Plus de 200 bénévoles étaient mobilisés pour capturer les animaux. Parmi eux des chasseurs mais aussi des amoureux de la nature, comme ce jeune participant qui apprécie "de voir l’animal dans son habitat naturel et la beauté du cervidé en lui-même".
Comptage des chevreuils en forêt de Chizé (Deux-Sèvres)
Un reportage de L. Couvrand, S. Bourin et C. Grivet avec les interviews de Gilles Capron, responsable de l'organisation des capture, Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage, de Thomas Billat, bénévole depuis 6 ans et de Emmanuelle Gilot, vétérinaire à l'école vétérinaire de Lyon.

Mieux c​onnaître l’espèce et son évolution

Ancienne base militaire, la réserve biologique de Chizé permet de suivre l'évolution de ces populations de cervidés, notamment en matière d’effets liés au changement climatique, de vieillissement, d’infectiologie et de comportement animal.

Bagage, mesure de la taille, recueil de déjections, échographie des femelles, ces analyses biologiques sont pratiquées depuis 40 ans avec des résultats étonnants comme l’explique Emmanuelle Gilot, vétérinaire à l'école vétérinaire de Lyon : "Le changement climatique crée un décalage dans l’arrivée du printemps. Les animaux se décalent eux-aussi en terme de mises bas, mais ils ne se décalent pas autant que le climat. On a donc, petit à petit, un décalage entre les dates de mises bas des chevrettes et la date idéale." Toutes ces opérations se font dans la journée, l’animal est relâché dès qu’elles sont terminées.

De mi-janvier à mi-mars, dix journées de capture sont programmées pour recenser près de la moitié de chevreuils présents dans la réserve biologique de Chizé, soit près de 200 animaux.