28 ans après, l'enquête sur la mystérieuse disparition de Didier Seignole peut-elle être relancée ?

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L'affaire du trentenaire disparu en 1994 n'a jamais été élucidée. La création d'un nouveau pôle national dédié aux affaires non résolues pourrait relancer l'enquête... L'ultime espoir de la famille

Dans la région, il est connu comme le "disparu de la Douze", du nom de la localité de Dordogne où ce trentenaire a mystérieusement disparu dans la nuit du 27 au 28 janvier 1994. Depuis 28 ans, aucune explication n'a pu être donnée sur cette disparition laissant une famille désemparée et des enquêteurs impuissants.

Ultime espoir

Près de trois décennies plus tard, les proches placent leur ultime espoir dans la création le 1er mars dernier d'un pôle national auprès du tribunal de Nanterre, spécialisé dans ce type d'affaires non résolues, comme le révèlent nos collègues de Sud Ouest dans leur édition de ce lundi. Trois juges d'instruction chevronnés le dirigent et sont chargés de rouvrir les dossiers les plus complexes en reprenant chaque détail pièce par pièce.

Le 5 avril dernier, les proches de Didier Seignole font une demande auprès de ce Pôle National qui a son tour contacte Solène Belaouar, procureure de la République du tribunal de Périgueux, afin de déterminer si l'affaire peut être de son ressort. Un ultime espoir pour la famille.

On espère toujours. On a envoyé cette lettre, on espérait vraiment avoir une réponse parce que c'est notre dernier espoir. Après ça, on n'a plus rien parce que le dossier ne sera pas rouvert, sauf si évidemment il y a une cause extraordinaire. Mais là, on n'attendait plus rien de personne, l'enquête est close, c'est fini. Ça c'est un espoir, et c'est énorme pour nous. C'est peut-être le dernier, en tout cas c'en est un.

Cousine de Didier Seignole

La vie en suspens depuis 28 ans

Même si cette possibilité arrive bien tard, elle a le mérite d'exister pour les proches, à commencer par la mère de Didier Seignole, dont la vie s'est arrêtée à la disparition de son fils. 

La cousine de Didier Seignole, disparu à La Douze en 1994 ©France 3 Périgords - Vanessa Fize & Bertrand Lasseguette

Le jeune docteur en biologie cellulaire voulait intégrer la police scientifique 

Didier Seignole est un trentenaire dont les parents résident à La Douze, au Sud-Est de Périgueux. Dans la journée du 27 janvier 1994, ce jeune docteur en biologie cellulaire passe un entretien d'embauche à Bordeaux pour tenter d'intégrer la Police Scientifique. Sur place le matin, sa note d'hôtel indique qu'il a réglé trois cafés et trois petits-déjeuners. On ignore de qui il était accompagné.

Disparu après son entraînement de foot

De retour, il participe à un entraînement de foot à Lacropte, à côté de La Douze où il devait retrouver ses parents le soir-même à leur domicile. Après sa séance de sport, un coéquipier le voit debout à côté de sa voiture arrêtée devant un hameau de maisons abandonnées, près du domicile familial. Cette personne sera la dernière à l'apercevoir, plus personne ne retrouvera sa trace ensuite.

Les recherches, les battues, les enquêtes près de sa compagne, de ses proches ne donneront rien. Seul son véhicule, une Seat bleue, sera retrouvé le lendemain sur le parking de la gare des Versannes, à La Douze. 

Recherches vaines

Disparition volontaire, fugue, enlèvement, suicide ? Rien ne permet d'orienter les recherches. L'information judiciaire ouverte pour enlèvement et séquestration ne donnera pas de résultat. Pas plus que l'émission de télévision très populaire à l'époque  "Perdu de vue" de Jacques Pradel à laquelle participent des proches. 

Marie Seignole, la mère du disparu désormais octogénaire, n'aura guère plus de résultat en 2018 lorsqu'elle tente de recueillir d'ultimes témoignages auprès des témoins de l'émission ou par voie de presse.

Classement sans suite

En 2004 la section de recherche de Bordeaux reprend le dossier des gendarmes de Périgueux. Elle le classera cinq ans plus tard. Les gendarmes de Périgueux s'en emparent à nouveau en 2014, utilisant les moyens les plus modernes de la police scientifique. Mais leurs nouvelles investigations et la fouille de la décharge municipale de La Douze ne donnent rien, là encore. Un non-lieu est finalement prononcé en 2018. Le pôle national peut ne pas donner suite à la demande de la famille, car il doit traiter les affaires relevant d'une complexité ou d'une gravité exceptionnelle. Crimes en série, l'affaire restera sans doute un mystère à jamais.

Le rappel des faits en images par Olivier Prax (janvier 2019)