Contournement de Beynac : la démolition, quand et dans quelles conditions ?

Les camions présents n'étaient là que pour dégager les bois morts accumulés autour des piles du pont / © DR
Les camions présents n'étaient là que pour dégager les bois morts accumulés autour des piles du pont / © DR

En décembre dernier, la Cour administrative d'appel de Bordeaux a annulé le projet et ordonné la démolition des travaux engagés. Une charge incombant au département alors qu'il s'est pourvu en cassation. Alors dans quelles conditions la démolition sera-t-elle réalisée et quand ?

Par C.O

Quand ? Comment ? Par qui ? Nous avons voulu faire le point sur l'épineux dossier du contournement de Beynac. La démolition des travaux a, en effet, été ordonnée le 10 décembre dernier par la Cour administrative d'appel de Bordeaux donnant ainsi raison aux défenseurs de la cause environnementale. Une décision qui allait dans le même sens que celle rendue en première instance par le tribunal administratif de Bordeaux.
 


Le Conseil départemental de la Dordogne, porteur du projet de rocade de 3,2 km (pour un coût de 32 millions d'euros), doit donc aujourd'hui faire marche arrière. Celui-ci avait un mois à partir de la notification de l'arrêt pour engager le processus de démolition, et un an pour remettre le lieu en état. Alors où en est-on ce vendredi 10 janvier, un mois après la décision de justice ?

Les travaux n'ont pas commencé. Est-ce à cause du pourvoi en cassation du département devant le Conseil d'Etat ? Non. Celui-ci n'étant pas suspensif, il ne met pas en stand-by les obligations du Conseil départemental.

Peu avant Noël, certains habitants ont vu passer des engins de chantier pensant que la démolition était lancée. Mais il s'agissait en fait de dégager les amas de branches et souches d'arbres accumulés contre les piles de pont, dûs à la crue de la Dordogne.

C'est en fait une bataille financière qui est en train de se jouer, ou en tous cas, une bataille de chiffres. Les opposants au projet estiment que ces travaux de démolition coûteraient 4 millions d'euros. Germinal Peiro, président du Conseil départemental de la Dordogne, les évalue, lui, à 15 millions d'euros. Des estimations qui prennent une teinte bien politique.

Une chose est sûre : les appels d'offre aux entreprises pour la démolition n'ont pas commencé. Germinal Peiro aurait mis en avant des autorisations préalables pour lancer les travaux. Argument réfuté par la préfecture qui assure qu'elles ne sont pas nécessaires, de simples recommandations pour veiller au respect de l'environnement suffiraient. 

Il n'y a pas d'autorisation comme si le projet repartait à zéro mais des prescriptions garantissant la non altération du milieu une fois la destruction effectuée.
Frédéric Périssat - Préfet de la Dordogne



Le département essayerait-il de gagner du temps ? Une chose est sûre, chaque jour qui passe n'est pas synonyme d'amende. En décembre, la cour administrative de Bordeaux n'avait en effet pas assorti sa décision d'une injonction d'astreinte financière.

Mais dorénavant, l'un des avocats des opposants compte bien alerter la justice si le département continue à jouer la montre. 


Ecoutez les arguments des uns et des autres ►
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