VIDEO. L'extension d'une carrière de quartz contestée en Dordogne

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Contestation contre l'extension de la carrière de quartz à Lempzours en Dordogne ©France 3 Périgords - Bertrand Lasseguette & Anne-Laure Meyrignac

Le quartz est exploité en Dordogne depuis les années 80, dans plusieurs gisements. Près de l'actuelle carrière de St Jean de Côle, la société Imerys souhaite exploiter 40 hectares supplémentaires sur la commune de Lempzours. Inquiétude des riverains.

En Dordogne, on connaît bien l'histoire de la pyramide de cristal, la falaise de quartz blanc de Saint-Paul la Roche, l'un des gisements les plus purs du monde, exploité pendant un siècle avant d'être épuisé.

L'un des principaux gisements de quartz européen

À 20 km de là, à Saint-Jean de Côle, les premières prospections ont été menées par la Sogerem en 1980. L'exploitation de la mine du Boudeau a débuté en 1983, en tirant parti de la qualité du silicium produit à partir du quartz local très pur. Nous sommes ici sur l'un des principaux gisements de silice européen.
En 2005, la carrière est intégrée au sein de Imerys, multinationale française et leader mondial spécialisé dans la production et la transformation des minéraux industriels. Imerys, ce sont 250 sites dans une cinquantaine de pays.

Quartz et silicium

Exploité par une cinquantaine d'employés, le gisement permet la production annuelle d'environ 150 000 tonnes par an de galets de quartz, destinés à l’électrométallurgie du silicium et du ferro-silicium à 90% pour des industries françaises. Le silicium est un métalloïde que l'on peut retrouver dans la cosmétique, l'automobile, l'électronique, l'aéronautique, le photovoltaïque et une multitude de produits du quotidien en silicone ou en aluminium. La carrière produit également  90 000 tonnes par an de sables et autant de graviers destinés au marché régional des granulats.

Évolution de carrière

Le gisement exploité entre 0 et 6 mètres de profondeur contient plusieurs millions de tonnes. Mais comme tout gisement, il est appelé à s'épuiser dans les années à venir. Ce qui pousse Imerys à étendre son activité sur une autre partie de la vallée de la Côle, à Lempzours, à moins de 10 km de là. Le site choisi est une parcelle de 40 hectares de bois qui permettrait sept à dix ans d'exploitation supplémentaires. Un projet qui, on s'en doute, a suscité la crainte de riverains regroupés sous la bannière de l'association Sauvegardons Lempzours et la Vallée de la Côle.

Ce sont désormais des centaines d'hectares qui ont été mangés par Imerys le long de la vallée de la Côle. Donc c'est pas un petit morceau, c'est un morceau qui s'ajoute à d'autres morceaux. Et désormais la vallée de la Côle est défigurée.

Pierre-Manuel Réault, association Sauvegardons Lempzours et la Vallée de la Côle

Le bruit et les moteurs

Les riverains ont peur du bruit, inévitable dans une carrière, de l'impact sur la nature environnante avec la déforestation des parcelles, mais aussi du trafic routier pour exporter le quartz et les granulats par camion.

Carrière glissante

Philippe d'Agier, responsable de la carrière de Saint-Jean de Côle, temporise. Il explique que sa société est prête à faire les efforts nécessaires pour réduire son impact, notamment routier, en lissant ses transports par camion à des périodes de l'année et des jours de la semaine étudiés. Pour l'impact sur la forêt, la réponse se veut aussi rassurante. La carrière est "glissante", c'est-à-dire qu'elle se déplace et n'exploite que deux à quatre hectares par an, les espaces exploités étant ensuite remis en état, reboisés ou restitués en prairies naturelles.

La guerre du quartz aura-t-elle lieu ?

L'association estime pourtant que les remises en état sont insuffisantes, et elle se dit prête à utiliser tous les recours possibles contre le projet de carrière pour sauvegarder la tranquillité des lieux. Pour eux, à Lempzours, la guerre du quartz ne fait que commencer.

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