Dordogne : à Thiviers, des catholiques traditionalistes restaurent le couvent Saint-Paul

À l’abandon depuis 20 ans, le couvent Saint-Paul de Thiviers connaît aujourd’hui sa résurrection. Il a été acheté il y a quelques mois par l’abbé Paul Aulagnier, assistant général de l'Institut du Bon Pasteur, une communauté catholique traditionaliste. 

Le couvent Saint-Paul de Thiviers, nouvelle maison de retraites spirituelles de l'Institut du Bon Pasteur.
Le couvent Saint-Paul de Thiviers, nouvelle maison de retraites spirituelles de l'Institut du Bon Pasteur. © Elsa Arnould
Elle fût squattée, brûlée… bref, malmenée ! Aujourd’hui, l’église du couvent Saint-Paul retrouve de sa splendeur et ce grâce à l’abbé Paul Aulagnier. "La fumée avait noirci tous les murs, il a fallu décaper les pierres, repeindre les plafonds, nettoyer les statues !" lance-t-il, pas peu fier du travail accompli.

"J’ai eu un moment d’hésitation quand j’ai vu la saleté de l’église et du couvent ! Je me suis dit, est-ce bien raisonnable ?" poursuit l’abbé. Finalement, la beauté du vitrail du Sacré-Cœur convaincra l’homme d’Eglise de se porter acquéreur de la bâtisse, achetée 80 000 euros.
 
La chapelle du Sacré-Cœur, pièce maîtresse du couvent Saint-Paul de Thiviers.
La chapelle du Sacré-Cœur, pièce maîtresse du couvent Saint-Paul de Thiviers. © Elsa Arnould
Vitrail de la chapelle du Sacré-Cœur.
Vitrail de la chapelle du Sacré-Cœur. © Elsa Arnould

Son projet pour le couvent Saint-Paul ? Créer une maison de retraites spirituelles et un centre de formation pour pré-séminariste. Un lieu dirigé par l'abbé Aulagnier, assistant général de l’Institut du Bon Pasteur, une "Société de Vie Apostolique" fondée en 2006 sous le pontificat de Benoît XVI. 

Le site a déjà accueilli quelques personnes venues participer à des retraites spirituelles. Elles ont pris leur quartier à l’étage, dans la quinzaine de pièces rénovées du bâtiment de 3500 mètres carrés. Car si l’Eglise est entièrement restaurée, il n’en va pas de même pour le reste du couvent ! 400.000 euros sont nécessaires à la réfection complète de la bâtisse.  
 
Sous les combles, d'anciennes machines à coudre autrefois utilisées par les bonnes sœurs du couvent.
Sous les combles, d'anciennes machines à coudre autrefois utilisées par les bonnes sœurs du couvent. © Elsa Arnould
Un lit, où dormait autrefois une bonne sœur du couvent Saint-Paul.
Un lit, où dormait autrefois une bonne sœur du couvent Saint-Paul. © Elsa Arnould

Encore dans son jus, le couvent a traversé les siècles. Fondé en 1870, il a abrité jusqu’en 1914 un orphelinat et un pensionnat pour jeunes filles. Pendant la première guerre mondiale, le site s’est transformé en hôpital militaire bénévole : 220 poilus blessés y ont été soignés, 38 y sont décédés. À la fin du conflit, le couvent a retrouvé sa vocation originelle de pensionnat et d’orphelinat. Une quinzaine de bonnes sœurs y resteront jusqu’en 1962.

Converti en centre médico-social dans les années 1970, la bâtisse a été cédée en 1991 pour un euro symbolique à Partage, un syndicat de chômeurs. Après la liquidation de Partage en 1999, le couvent sera mis en vente et racheté en 2012 par un particulier qui avait pour projet de le transformer en hôtel de luxe. Après des années d’abandon, le bâtiment connaît aujourd'hui un nouveau souffle.

Regardez le reportage consacré au couvent Saint-Paul :  
Le couvent Saint-Paul de Thiviers, restauré par une communauté catholique traditionaliste
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
histoire culture histoires 14-18 il y a cent ans première guerre mondiale