Élections : la course aux assesseurs jusqu'à la dernière minute

Dans le contexte sanitaire actuel, difficile de réunir assez de personnes pour tenir les bureaux de vote les 20 et 27 juin prochains. Les mairies ont dû déployer des trésors de persuasion

La république peine à rassembler assez d'assesseurs pour les élections départementales et régionales
La république peine à rassembler assez d'assesseurs pour les élections départementales et régionales © France 3 Périgords - Philippe Niccolaï & Anne-Laure Meyrignac

2 assesseurs X 2 scrutins X 2 dimanches = 8 personnes à trouver dans chaque bureau pour les deux tours des élections des 20 et 27 juin prochain. Auxquels il faut ajouter le président du bureau de vote, un secrétaire et les scrutateurs chargés de dépouiller les bulletins. Sans assesseurs, pas de vote. Les assesseurs vérifient les procurations ou l’identité de l’électeur, le font émarger sur la liste, veillent à ce qu'il introduise son enveloppe correctement dans l'urne avant d'officialiser l'acte d'un sonore "a voté" et de tamponner la carte électorale.

L'assesseur est d'ordinaire proposé par un candidat ou volontaire avant d'être officiellement désignés par le maire.

Les temps sont durs

Mais cette année particulièrement, le recrutement a donné du mal à bien des maires. Et ceux qui sont parvenus à boucler les effectifs se sentent soulagés. Dans le contexte post-confinement, avec la crainte d'une contagion toujours possible, les mairies préfèrent les assesseurs vaccinés ou munis d'un "pass" sanitaire récent. Un test antigénique 48 heures avant le scrutin est proposé à tous les présidents et assesseurs volontaires qui n'auraient pas déjà été vaccinés.

La lassitude généralisée, l'arrivée des beaux jours et la perspective d'un week-end de liberté ont rendu encore plus difficile la motivation les troupes pour ces élections moins populaires que les présidentielles et les municipales.

D'autant que la fonction est bénévole, le code électoral interdit de rémunérer les assesseurs. Du moins, pas directement.

Les édiles ont déployé des trésors d'imagination, de persuasion et de séduction pour réveiller l'esprit civique de chacun. Un sens civique en déliquescence et une pénurie continue depuis plusieurs années qui avait déjà conduit en 2006 à réduire le nombre d'assesseurs de 4 à 2.

faire campagne... de séduction

Pour les communes les plus importantes, avec budget communication conséquent, personnel municipal nombreux et enjeux électoraux passionnés, la tâche aura été moins compliquée. Encore que, trouver 800 bénévoles, deux dimanches ensoleillés de suite, à Bordeaux... 

À Périgueux, où 160 assesseurs étaient demandés, une campagne de recrutement décalée et humoristique a porté ses fruits, tous les postes sont pourvus.

La campagne de recrutement des assesseurs à Périgueux, basée sur l'humour, a rempli son rôle : tous les postes sont pourvus
La campagne de recrutement des assesseurs à Périgueux, basée sur l'humour, a rempli son rôle : tous les postes sont pourvus © Ville de Périgueux

Mais les campagnes de communication, via les médias ou les réseaux sociaux ne sont pas à portée de tous les budgets municipaux. À Coulounieix-Chamiers, près de Périgueux, on a fait confiance au sens civique et au site municipal qui affiche "Soyez citoyens, soyez assesseurs ou scrutateurs !" C'est qu'il a fallu monter 14 bureaux de vote, au lieu des 7 habituels, et trouver les 42 assesseurs nécessaires.

Militants démobilisés 

"Sur 8 listes, pas un seul nom pour tenir les bureaux de vote !", se désespère Stéphanie Duraissay, chargée des élections à Coulounieix-Chamiers. Traditionnellement, les partis politiques eux-mêmes contribuent à fournir cette main-d'œuvre électorale. Les assesseurs censés s’assurer du bon déroulement du scrutin sont mandatés par les candidats qu'ils représentent. Mais voilà, les candidats eux-mêmes n’arrivent plus à mobiliser suffisamment des militants de moins en moins engagés.

4 solutions pour maires aux abois

Reste 4 solutions pour les maires en manque de candidats spontanés :

 

 

 

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