Législatives 2022 : la 4e circonscription de Dordogne qui a embarrassé LREM

Publié le Mis à jour le
Écrit par Pascal Faiseaux .

C'est LA circonscription de Dordogne qui a déchaîné les réseaux après l'investiture LREM attribuée à Jérôme Peyrat. L'ancien Républicain condamné pour des violences conjugales a depuis retiré sa candidature, mais le parti n'a pas investi la députée LREM sortante pour autant

Situation paradoxale : la député LREM sortante Jacqueline Dubois se représente en affichant son soutien au parti d'Emmanuel Macron. Mais de son côté, le parti ne lui a jamais apporté son soutien. Face à elle, 5 candidats de gauche, dont aucun officiel du PS, 3 candidats d'extrême droite, un Républicain et une animaliste.

LREM non-officielle

Jacqueline Dubois : la députée LREM sortante se représente avec le soutien de l'Alliance Centriste, un parti proche de la majorité présidentielle et sans l'investiture LREM. Le résultat d'un épisode mouvementé qui l'a mise aux prises avec le candidat officiel du parti présidentiel, Jérôme Peyrat, qui a fini par se désister. Pour autant, vu les circonstances, LREM a préféré ne pas s'exposer davantage en accordant d'autre investiture. Issue de la société civile, l'ancienne directrice d'école de La Roque-Gageac de 65 ans était novice en politique à son élection et s'était engagée pour répondre à l'appel de féminisation et de renouvellement politique souhaité alors par Emmanuel Macron.

Les candidatures de Jacqueline Dubois et Basile Fannier, reportage de Vanessa Fize et Bertrand Lasseguette ▼

Républicains et RN, les nouvelles générations

Basile Fanier : le jeune président du parti Les Républicains en Dordogne est celui qui a fait trembler le maire de Sarlat sur un trône qu'on croyait inébranlable lors des dernières municipales. Gaulliste de 29 ans, conseiller municipal d'opposition, il se targue d'avoir multiplié par 5 le nombre d'adhérents à son parti dans le département. Le 21 mai, il a reçu le soutien de Laurent Wauquiez 

Ludivine Le Berre : Une image rajeunie pour le Rassemblement National, et une jeune femme pour s'opposer à son aînée, la députée sortante. La cadette dans cette circonscription, et dans beaucoup d'autres n'a que 20 ans. L'étudiante en apprentissage va tenter de transformer l'essai de la présidentielle qui a si bien réussi au Rassemblement National en Dordogne en se posant comme "l'unique alternative à la politique d'Emmanuel Macron".

La gauche éclatée

À gauche, cinq candidats partent en ordre dispersé, à commencer par l'alliance de gauche "officielle", la NUPES qui a investi un candidat écologiste. En réaction à cette absence de candidats socialistes investis par NUPES dans le département, le PS local a maintenu un candidat dissident. Deux autres candidats de gauche qui refusent leur rattachement à un parti officiel et un autre de LO complètent ce tableau.

Les principaux candidats de gauche, reportage de Florian Rouliès et Pascal Tinon ▼

Sébastien Peytavie : le candidat de l'alliance NUPES est le seul de Dordogne à ne pas être issu de LFI. Ce psychologue de Carsac-Aillac, adhérent écologiste de gauche de Génération.s. d'à peine 40 ans, a été candidat aux élections européennes, et a œuvré dans l'opposition citoyenne à Sarlat. Il a le soutien de Yannick Jadot, mais pas celui du PS local, entré en candidature dissidente en la personne de Christian Teillac.

Christian Teillac : Estampillé Divers gauche faute de mieux, Christian Teillac, 64 ans, est un candidat PS entré en dissidence pour pouvoir proposer quand même une candidature PS là où la Nupes avait décidé qu'il n'y en aurait pas. Comme ses collègues des autres circonscriptions de Dordogne. Il est médecin du travail, conseiller départemental de vallée de l’Homme, vice-président chargé de l’éducation et adjoint au maire de Montignac. Sans avoir le soutien officiel du PS, il a celui de la majorité départementale et de grandes figures PS comme Bernard Cazeneuve venu récemment le soutenir

Stéphane Roudier : le maire de Condat-sur-Vézère depuis 2014, homme de terrain de 52 ans, se présente sous l'étiquette Divers gauche. Comptable de formation, il est également vice-président de la Communauté de communes Terrassonnais-Haut Périgord noir. C'est sa deuxième candidature aux législatives. Partisan d'une action écologique immédiate et de la décentralisation, il se dit proche des idées de Jean Lasalle.

Nécati Yildrim : le militant de Lutte Ouvrière de 34 ans, enseignant en physique-chimie venu de région parisienne s'était déjà présenté sur la circonscription en 2017, toujours en portant le crédo de son parti, la lutte anticapitaliste et le soutien aux travailleurs.

Éric Garnier : un candidat Divers Gauche supplémentaire en la personne d'un adjoint au maire de Saint-Geyrac depuis 2020. Sans étiquette mais défenseur des valeurs de gauche, le réalisateur de documentaires est âgé de 57 ans

Animalistes, souverainistes et Zémouriens

Laurence Trapy-Joinel : comme ses homologues du Parti Animaliste, à 61 ans cette retraitée de la fonction publique des Eyzies est néophyte en politique. Et comme son fils porte-parole de One Voice, c'est une fervente défenseuse de la cause animale.

Frédérique Rouyard Lignon : La droite souverainiste du mouvement des Patriotes de Florian Philippot présente une seule candidate en Dordogne, dans cette 4ème circonscription. Frédérique Rouyard Lignon est une récente retraitée professeure de lettres qui a exercé à Lyon

Anne-Laure Maleyre La candidate de Reconquête ! d'Éric Zemmour de 42 ans est assistante comptable, ancienne conseillère municipale RN en région parisienne, originaire de Bassillac-et-Auberoche.

En 2017

En 2022, il y a 6 candidats de moins dans la quatrième circonscription de Sarlat qu'en 2017. Les législatives de 2017 avaient vu le départ du député Germinal Peiro. L'actuel Président PS du Conseil Départemental ne se représentait pas et 17 candidats étaient sur les rangs.

Au premier tour, avec une participation de 56,7%, 6 candidats avaient dépassé les 5% de vote : le DVD Jean-Jacques de Peretti, le PS Benjamin Delrieux, la FN Florence Joubert, le Républicain Jérôme Peyrat, et enfin deux femmes en position de se maintenir, la LFI Émilie Chalard (13,21%) et la LREM Jacqueline Dubois (30,92%). C'est cette dernière qui l'emportera au deuxième tour avec 56,20 % des votes et une participation en baisse de 50,43%.

La 4e circonscription géographiquement

115 000 habitants, la circonscription dite "du Sarladais" ce sont 3 000 km2 qui couvrent essentiellement le Périgord Noir, au Sud-Est de la Dordogne, en partant des portes de Périgueux, à Boulazac.

Au pays de la Grotte de Lascaux, c'est une zone réputée pour sa gastronomie, ses sites naturels et son cadre verdoyant, un cocktail idéal pour le tourisme qui représente à lui seul 40% des ressources. C'est aussi une zone rurale avec ses spécificités agricoles et agro-alimentaires et ses problèmes récurrents typiques, désertification médicale, perte de services publics et vieillissement de la population.

Depuis mars 2015, cette 4ème circonscription, comprend les quatre cantons entiers de la Vallée Dordogne, de la Vallée de l'Homme, de Sarlat-la-Canéda, de Terrasson-Lavilledieu et des communes appartenant à cinq autres cantons. Toutes les communes du canton du Haut-Périgord Noir sauf Sainte-Trie, le canton du Périgord central  (dix-huit communes plus la commune déléguée de Breuilh, les 5 communes du canton d'Isle-Manoire plus les communes déléguées de Bassillac, Blis-et-Born, Eyliac, Milhac-d'Auberoche et St Antoine d'Auberoche, le canton d'Isle-Loue-Auvézère (Brouchaud et la commune déléguée de La Boissière d'Ans), et enfin les deux communes de Pezuls et Ste-Foy-de-Longas 

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