L'abattoir municipal de Ribérac perd la moitié de son activité au profit de Thiviers

Arcadie Sud-Ouest, le plus gros client des abattoirs municipaux de Ribérac a décidé de déplacer son activité vers son site de Thiviers pour une question de rentabilité. La vingtaine de salariés et les éleveurs des environs ont pris la nouvelle de plein fouet

L'abattoir municipal de Ribérac va perdre l'un de ses plus gros fournisseur d'activité, Arcadie Sud Ouest
L'abattoir municipal de Ribérac va perdre l'un de ses plus gros fournisseur d'activité, Arcadie Sud Ouest © France 3 Périgords - Philippe Niccolaï & Camille Michelland
45 % de l'activité, voilà ce que représente Arcadie Sud-Ouest pour l'abattoir de Ribérac. Or, la société basée à Rodez, leader de l'élevage, l'abattage et la découpe dans le grand sud connaît des difficultés financières qui la poussent à se restructurer. Des difficultés sur lesquels elle reste discrète, la direction n'a pas souhaité répondre à nos questions.

Reste que c'est surtout un coup dur pour l'abattoir, structuré en société d'économie mixte à opération unique (Semop) détenue à 49% par la municipalité et à 51% par des apporteurs privés (dont 12% par Arcadie).

Pour des raisons de rentabilité, sa société Aquitaine Viandes Limousin Périgords a donc décidé de rapatrier son activité sur le site de Thiviers dont elle est propriétaire, plus grand et qui ne tourne pas au maximum de ses possibilités. La décision pourrait être appliquée d'ici quelques semaines.

Le départ de ce grossiste signifie que l'abattoir va perdre la 1 000 des 2 200 tonnes de viande qu'elle traitait à l'année. Avec des incertitudes pour l'activité à moyen terme, et donc pour la vingtaine d'employés.

Dans le bassin ribéracois, on calcule l'impact de cette décision. Certains éleveurs voient se profiler l'obligation d'aller faire abattre ses bêtes à Thiviers, soit 120 km aller-retour. Un surcoût pour la filière qui traverse déjà une période difficile depuis plusieurs années et qui fonctionne à flux tendu.

C'est aussi une ressource locale qui risque de disparaître pour les consommateurs et les commerçants. Les solutions pourraient être de trouver d'autres apporteurs, mais la morosité du marché rendent cette solution hypothétique, ou bien restructurer le site soixantenaire pour l'adapter à une moins grande production.

Quoi qu'il en soit, les élus, le maire Patrice Favard en tête, ne souhaitent pas acter cette décision sans réagir, et vont tenter d'intervenir tant auprès de la direction d'Arcadie que des pouvoirs publics pour trouver une issue qui limiterait l'impact.

Le député de la 3ème circonscription de Dordogne, Jean-Pierre Cubertafon, affirme avoir évoqué le sujet avec le Préfet de Dordogne qui organisera une réunion jeudi soir pour tenter de trouver un arrangement. 
 
Les abattoirs de Ribérac risquent de perdre la moitié de leur activité ©France 3 Périgords
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