Un an après l'incendie de Notre-Dame, les statues des apôtres toujours "confinées et en voie de guérison" à Périgueux

En raison du coronavirus le chantier de la cathédrale est à l'arrêt depuis le 16 mars. Emmanuel Macron a réaffirmé aujourd'hui que "tout" serait fait pour la reconstruire en 5 ans. Les statues des apôtres sauvées in-extremis avant l'incendie sont toujours en cours de rénovation près de Périgueux

La statue de St Barthélémy, la première à avoir été totalement restaurée, préfigure de ce que seront les autres statues
La statue de St Barthélémy, la première à avoir été totalement restaurée, préfigure de ce que seront les autres statues © France 3 Périgords - Émilie Bersars & Elsa Arnould

"Nous reconstruirons Notre-Dame en cinq ans, ai-je promis. Nous ferons tout pour tenir ce délai". Emmanuel Macron.


Un an après l'incendie de l'édifice, ce mercredi 15 avril 2020, le Président de la République a réaffirmé son engagement à ce que Notre-Dame soit reconstruite dans les délais qu'il s'est imposé.
 

Les statues "miraculées"

Parmi les "petits miracles" qui se sont produits à l'occasion de l'incendie qui a ravagé la cathédrale le 15 avril 2019, il y a le sauvetage des statues des douze apôtres et de quatre évangélistes.
Après 160 ans sur les toits de Paris, les statues avaient besoin d'une rénovation salvatrice
Après 160 ans sur les toits de Paris, les statues avaient besoin d'une rénovation salvatrice © France 3 Périgords - Émilie Bersars & Elsa Arnould

Conçues en 1857 et posées en 1861 sur le toit de l'édifice, elles n'avaient jamais été restaurées. Raison pour laquelle, lors du chantier de rénovation, elles avaient été déboulonnées et expédiées dans les ateliers spécialisés de la SOCRA à Marsac-sur- l'Isle à côté de Périgueux. 5 jours à peine avant l'incendie. Juste après leur arrivée en Dordogne, le drame survenait.

Saint-Barthélémy en tête, dans une couleur inhabituelle

Depuis, ces statues de cuivre repoussé conçues par Viollet-le-Duc ont continué à être restaurées pas la société périgourdine. 
Saint Barthélémy donne une idée de ce à quoi ressembleront les œuvres finies
Saint Barthélémy donne une idée de ce à quoi ressembleront les œuvres finies © France 3 Périgords- Émilier Bersars & Elsa Arnould

Première restauration terminée, c'est celle de Saint-Barthélémy qui offre à voir à quoi ressembleront les autres oeuvres. L'Architecte en Chef, l'Inspectrice Générale des Monuments Historiques et une délégation des mécènes qui financent cette rénovation sont venus le 3 mars dernier constater l'avancée des travaux et valider le premier exemplaire restauré, celui de Saint Barthélémy. Il s'agissait aussi de trancher sur la couleur de la patine retenue, le choix portant entre le vert-de-gris qu'elles arborent actuellement, issu de la corrosion du cuivre, ou une patine brune plus proche des statues d'origine. C'est cette dernière qui a été préférée.
Patrick Palem explique le processus de restauration des statues ©France 3 Périgords
 

Le coq a déjà regagné la capitale


Avant de regagner le toit de la cathédrale, lorsqu'il sera lui aussi remis en état, les statues seront exposées au public à la cité administrative de Paris, fin 2020. Le coq de la flèche, miraculeusement retrouvé et restauré lui aussi par la SOCRA a déjà rejoint la capitale.

4 000 curieux ont contemplé les apôtres 

Entre les deux, entre mai et octobre 2019, on avait pu les contempler en cours de restauration dans les ateliers périgourdins. Un véritable succès populaire: environ 4 000 curieux, dont près d'un tiers de non-aquitains, étaient venus les admirer de près. 
C'est une couleur de patine brune qui a été préférée pour cette rénovation, c'est donc celle qui remplacera le vert de gris que nous connaissions
C'est une couleur de patine brune qui a été préférée pour cette rénovation, c'est donc celle qui remplacera le vert de gris que nous connaissions © France 3 Périgords - Émilie Bersars & Elsa Arnould


Malgré le contexte, la rénovation continue

Pour la Socra il s'agit maintenant de maintenir les délais en dépit du confinement. Une trentaine de chantiers extérieurs ont dû être stoppés, et la moitié des salariés se sont retrouvés au chômage technique. Mais l'autre moitié, une vingtaine de personnes, continue à travailler dans les ateliers en respectant les exigeances sanitaires, et donc à rénover les statues. 
Patrick Palem, aujourd'hui retraité de la direction, a été la cheville ouvrière de cette opération, et il continue à veiller sur le travail, en compagnie du nouveau directeur Richard Boyer. 
La restauration des statues de Notre Dame de Paris ©France 3 Périgords
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