Confinement : le casse-tête de la Fondation Bost pour personnes handicapées ou dépendantes

La fondation John Bost dont le siège national est à la Force en Dordogne, prend en charge plus de 1 700 personnes handicapées ou âgées dépendantes en France. Une structure très concernée par le confinement et ses exigences sanitaires. Un résident a déjà été victime de la maladie à Libourne.
Dans les établissements de la Fondation John Bost, le maintien des activités n'est possible que lorsque l'état des patients et la configuration des lieux le permettent
Dans les établissements de la Fondation John Bost, le maintien des activités n'est possible que lorsque l'état des patients et la configuration des lieux le permettent © France 3 Périgords - Émilie Bersars & Florian Rouliès
La Fondation John Bost s'occupe de 1 700 personnes handicapées (physiques ou mentales) ou personnes âgées dans 38 établissements répartis dans l'ouest de la France et en région parisienne.

Dès le 7 mars, une semaine avant le confinement, on a dit stop aux visites ! 
Christian Galtier, Directeur Général de la Fondation John Bost

La fondation est en première ligne dans l'observation du confinement, et n'avait pas attendu les consignes données au grand public pour appliquer des règles strictes dans ses différentes structures. 
Elle avait anticipé notamment l'arrêt des visites à ses résidents fragiles en prenant ses dispositions une semaine avant, dès le 7 mars, que ne soit imposé le confinement.

Les règles diffèrent selon les sites, l'état de santé des publics accueillis, et la présence avérée ou non du virus. Cela peut aller du confinement à minima avec maintien des activités ordinaires dans le cadre du site, si aucun cas n'est suspecté et que les patients ne sont pas considérés particulièrement à risque, au confinement le plus strict avec maintien des personnes dans leur chambre dans le cas contraire.

Dans nos établissements, les gens ont l'habitude d'être dans des espaces ouverts...

La gestion pour le personnel soignant s'en trouve alors éminement plus compliquée. Même si des activités individuelles sont proposées pour que les hébergés ne se sentent pas complètement coupés du monde, la frustration, l'incompréhension et la perte de repères frappe durement ces personnes fragiles habitués à une assez grande liberté. Christian Galtier souligne que pour des gens qui ont un handicap psychique, cette privation de liberté est particulièrement mal vécue.

On est en configuration cellule de crise.
Christian Galtier

Chaque jour pendant plus d'une heure, une audioconférence permet aux directions de tous les établissement de croiser leurs informations et d'organiser la marche des services. Y sont évoqués les problèmes techniques, l'état des stocks et du matériel, la situation du personnel. Les établissements ne fonctionnent actuellement qu'avec 60% de ses effectifs, les infirmiers faisant notamment défaut.
 
La Fondation John Bost face au Coronavirus ©France 3 Périgords

Dans tous les établissements, une information sur la bonne pratique des gestes barrières accueille le personnel et à chaque prise de service. Devant un poster expliquant les symptômes de la maladie, il leur est demandé s'ils éprouvent l'un d'entre eux et l'on s'assure que leur température est normale. Au moindre doute, il leur est demandé de regagner leur domicile et d'aller voir leur médecin. Des mesures de base essentielles pour éviter autant que possible l'arrivée d'une personne contaminée venue de l'extérieur.

Pour les résidents, le moindre signe évocateur d'une infection déclenche l'intervention d'un des médecins présents sur le site 24h/24 qui fait procéder à des tests s'il l'estime nécessaire.

Nous avons connu des cas positifs déjà depuis plus d'une semaine. En fin de semaine dernière, un résident hospitalisé est décédé.

Mais toutes ces précautions n'ont pas suffi à se prémunir totalement, dans une structure de cette importance. Un premier cas a d'abord été révélé en région parisienne, et d'autres ont suivi depuis, sans lien avec ce cas initial, dans d'autres établissements, touchant personnels comme patients. En fin de semaine dernière, un résident qui avait dû être hospitalisé est décédé à Libourne.
 
Christian Galtier, directeur général de la fondation John Bost ©France 3 Périgords
La Fondation John Bost
Créée en 1848, la Fondation John BOST est une institution sanitaire et médico-sociale protestante à but non lucratif, reconnue d’utilité publique depuis 1877.
La FJB gère 38 établissements ou services sanitaires et médico-sociaux dans 4 régions. Établissement de santé privé en soins de psychiatrie, Foyer d’Accueil Médicalisé, Établissement d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes, Foyer de vie, Centre d’Initiation au Travail et à la Vie Sociale, Foyer d’Hébergement pour Travailleurs Handicapés, Service d’Éducation Spéciale et de Soins à Domicile, Institut Médico-Éducatif, Service d’Accompagnement Médico-Social pour Adultes Handicapés, Groupe d’Entraide Mutuelle, Unité d’enseignement.
Elle accueille, soigne et accompagne plus de 1700 personnes (enfants, adolescents, adultes et seniors) souffrant de troubles psychiques et de handicap physique et/ou mental, ainsi que des personnes âgées dépendantes, dont l’état nécessite une vie sociale adaptée
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