Dordogne : la Covid-19 réveille les charentaises

Les Charentaise reviennent au goût du jour. Portée par les confinements et la tendance du "Made in France", la marque Chausse Mouton basée à Thiviers tire son épingle du jeu.

En 2020, la marque a vendu plus de 90 000 paires de Charentaises.
En 2020, la marque a vendu plus de 90 000 paires de Charentaises. © Julie Chapman

Pour les longues soirées de couvre-feu, voilà un accessoire qui a la cote. La Charentaise fait son grand retour dans les foyers, à la faveur des confinements successifs. En 2020, la marque Chausse Mouton, à Thiviers, spécialisée dans cette célèbre pantoufle, a vu ses ventes augmenter de près de 50 %.

 "Malgré un début d’année plutôt calme, tout s’est accéléré à partir du moment où les gens étaient bloqués chez eux. À ce moment-là, les commandes sont arrivées en nombre" explique Charles Bataille, l’un des deux dirigeants de l’entreprise. Au total, l’année dernière, il a vendu près de 100 000 paires de Charentaises.

La pantoufle modernisée

Il faut dire qu’il y en a pour tous les goûts. Wax, feutrine et même fausse fourrure, la marque ne se cantonne pas aux traditionnels motifs à carreaux.  "La Charentaise est un produit ancien, presque ancestral" reprend Charles Bataille. "Ce produit a pendant longtemps été considéré comme vieillot, voir même ringard. Mais depuis quelques années, on s’efforce de le moderniser en travaillant avec une équipe de designers pour le remettre au goût du jour."

Chausse Mouton propose 70 modèles de Charentaises.
Chausse Mouton propose 70 modèles de Charentaises. © Julie Chapman

Reprise en 2016, l’entreprise entend populariser cette pantoufle emblématique. Elle vise un public plus large et plus jeune. Depuis peu, elle propose d’ailleurs une gamme enfant allant de la pointure 28 à 34.

Un savoir-faire ancestral

De la découpe des semelles de feutre, à l’assemblage des pièces de laine, toutes les étapes de fabrication de ces chaussons se font dans le Périgord. Dans cette entreprise, créée en 1930, la soixantaine d’ouvriers perpétue un savoir-faire local : le cousu-retourné.

La technique du cousu-retourné, la spécificité des Charentaises.
La technique du cousu-retourné, la spécificité des Charentaises. © Julie Chapman

"On assemble la tige et la semelle à l’envers, c’est la base même de la pantoufle" explique Nathalie Dufour, penchée sur sa machine à coudre. Cette technique, c’est d’ailleurs la spécificité de ce chausson bien de chez nous. "Ça demande un certain temps pour apprendre le geste. Il faut accompagner la machine, la semelle et la tige en même temps en travaillant avec les deux mains." Le chausson régional est ensuite retourné sur lui-même grâce à un accessoire qu’on appelle "la chèvre".

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Depuis 2019, ce savoir-faire est protégé par un label de qualité : l’indication géographique protégée "Charente – Périgord". Une garantie pour les acheteurs et un argument de plus pour se démarquer. Ce savoir-faire a un prix : comptez en moyenne 45 euros pour une paire de Charentaises.

150 000 pantoufles en 2021

En 3 ans, l’entreprise Fargeot Podowell, qui commercialise la marque Chausse Mouton, a presque triplé son chiffre d’affaire. Avec près de 200 points de vente en France et un site de livraison, les Charentaises périgourdines s’exportent aussi à l’étranger.

15% du chiffre d'affaire de l'entreprise se fait à l'étranger.
15% du chiffre d'affaire de l'entreprise se fait à l'étranger. © Lisa Macineiras

Leurs principaux clients ? Le Canada, l’Allemagne et les pays nordiques. Et pour faire face à la demande, l’entreprise veut désormais recruter 3 à 5 personnes.  De quoi tenir la cadence pour atteindre les 150 000 pantoufles en 2021.

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