Dordogne : un plan pour sauver le tourisme dont les pertes s'élèvent déjà à 93 millions d'euros

Sur le début de saison depuis le mois de mars, le tourisme de Dordogne accuserait déjà un déficit de 93 millions d'euros. Il y a urgence à "sauver les meubles" lors de la saison estivale. C'est le plan du Comité Départemental du Tourisme qui table sur le retour des touristes français.

© France 3 Périgords

Ne cherchez pas : sur le site du Comité Départemental du Tourisme de Dordogne, aucune mention du Coronavirus. Dans cette vitrine touristique du département, pas de message d'alerte sur la page d'accueil, ni d'occurence à COVID dans le moteur de recherche. Ce n'est pas pour autant que la problématique échappe aux responsables du département, loin de là ! Et les informations ne manquent pas, cette fois, sur le site du Conseil Départemental

Pas d'évocation du Coronavirus sur le site du Comité Départemental du Tourisme de Dordogne qui prépare un plan de communication pour attirer les touristes français pendant l'été
Pas d'évocation du Coronavirus sur le site du Comité Départemental du Tourisme de Dordogne qui prépare un plan de communication pour attirer les touristes français pendant l'été

Secteur le plus touché pour l'instant, l'hôtellerie et la restauration

À la fin mars, le CDT estime que les professionnels ouverts à l'année connaissaient déjà une baisse de chiffre d’affaires de 20 à 40%. Des pertes qui atteignent  parfois les 80%, avec des effectifs en chômage technique à 95% et des trésoreries exangues. Selon le CDT, même si ces établissement compenseront partiellement leurs pertes grâce aux accompagnements financiers nationaux et régionaux, ils perdront en moyenne 40% de leur chiffre d'affaires d'ici la fin de l'année.
 
Situation encore plus critique pour les campings, hôtels et résidences touristiques saisonniers dont la saison (qui dure de 4 à 6 mois) va subir une perte sèche de deux mois minimum. Pour eux, le manque de trésorerie rendra en outre difficile, sinon impossible, l'aménagement sanitaire imposé par le virus pour la saison estivale.

Impossible de prédire la saison

Le flou autour des dates et conditions de la sortie du confinement (éventualité de réouverture des frontières, absence de réservations, conditions sanitaires à remplir s'ajoutent un stress supplémentaire aux professionnels, incapables d'imaginer à quoi ressemblera leur activité dans deux mois.


Déjà 93 millions de manque à gagner

Sur le début de saison qui ne représente dans le département qu'une faible partie du chiffre d'affaire annuel), le secteur accuserait déjà un manque à gagner de 93 Millions d'euros, correspondant à la perte de 13% de nuitées. Pour plus de la moitié, ces nuitées ont été perdues par l'hébergement "marchand" : chambres d'hôtes, hôtels et campings, l'autre partie faisant défaut dans les résidences secondaires, chez les amis ou la famille. Dans le premier cas, la perte d'une nuitée représente un manque à gagner touristique de 67 euros en moyenne, dans le deuxième de 30 euros.

Objectif : rebondir cet été..

Avec sa cellule de veille et d'information dédiée aux professionnels, le département tient la barre dans la tempête. Il a déjà demandé à la Région l'étude d'un dispositif de soutien propre à l’économie touristique pour compléter le dispositif national.
 

Avec une clientèle franco-française !

Avec les impératifs sanitaires, tout tiendra désormais sur le remplacement des touristes étrangers par les touristes français ( lire ci-dessous ).
C'est donc vers eux que se tourne le CDT avec une grande campagne de séduction pour faire redécouvrir le Périgord. L'opération publicitaire sera dévoilée au milieu de ce mois pour une mise en route début juin. Elle devrait toucher les publics nationaux, régionaux et locaux via la presse et la télévision, les organes de presse et directement les particuliers via un fichier client riche de 250 000 références.
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
tourisme économie coronavirus santé société
l’actualité de votre région, dans votre boîte mail
Recevez tous les jours les principales informations de votre région, en vous inscrivant à notre newsletter