Procès du Bataclan : le deuil ravivé pour les proches du Périgourdin Maxime Bouffard, 6 ans après

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Écrit par Pascal Faiseaux .

Médiatiquement incontournable, l'ouverture du procès du Bataclan ce mercredi 8 septembre ravive la douleur à Coux-et-Bigaroque, en Dordogne, parmi les amis et la famille de Maxime Bouffard, tué à 26 ans lors de l'attentat

Monopoliser l'attention, sidérer, créer le cahos, le désordre et la douleur, c'est le but du terrorisme. But tristement atteint par les attentats du 13 novembre 2015. En ce qui concerne l'attention et la douleur, le but sera à nouveau atteint à partir d'aujourd'hui et pour de longs mois. Six ans après, fascinés par l'horreur, les français s'apprêtent à revivre les événements par voie de presse. Dans l'espoir vain sans doute de comprendre, à la froide lumière de la justice, l'inexplicable. 

13 novembre 2015 : 131 morts, 400 blessés

À Coux-et-Bigaroque, en Dordogne, certains pleureront à nouveau et essaieront aussi, peut-être, de comprendre à nouveau pourquoi Maxime n'est plus là. Le jeune homme d'alors serait un homme de 32 ans aujourd'hui. Avec 130 autres malheureux, il a été fauché par le fanatisme, victime collatérale d'un enjeu qui ne le concernait pas.

Moi j'étais ici quand c'est arrivé. Mes enfants vivant à Paris, j'étais totalement paniquée à l'idée qu'ils aient pu, parce que c'était possible, être sur une de ces terrasses... Tout ce que j'espère c'est avoir des éclaircissements sur certaines zones d'ombres.[...] Mais qu'est-ce qu'on peut dire ? La justice ? A mon avis c'est vraiment une plaie béante dans la société française.

Martine, habitante de Coux-et-Bigaroque

À 26 ans, plein d'appétit et de vie et d'humour, Maxime Bouffard était parti faire carrière. Quitter la famille, le pays, le rugby et les soirées entre potes, pour tenter sa chance en réalisant des documentaires à Paris. Une aventure semblable à tant d'autres. Le 25 novembre 2015, devant 700 personnes, la famille, les proches et d'innombrables anonymes venus apporter leur soutien, il a été inhumé dans le petit cimetière de Coux.

Prise de conscience

De lui, il reste la peine des proches, son nom qui a été donné au groupe scolaire du village, et une idée. Celle que la quiétude dans laquelle nous vivons n'est pas immuable, qu'elle est fragile et qu'il faudra sans doute se battre pour la conserver contre ce qui la menace. Tout ce qui la menace, et pas seulement le terrorisme. Épargné qu'il était dans son petit coin de Dordogne, loin des turpitudes de la ville, des enjeux géopolitiques surréalistes et violents qui agitent les médias, le petit village se sentait déconnecté de cette réalité-là. Il ne l'était pas. Personne ne l'est.

Quelqu'un de natif d'ici qui disparaît comme ça d'un coup, ça marque les esprits [...] On se souviendra toujours de Maxime Bouffard. Même si on n'en parle pas, on ne l'oubliera pas.

Guillaume, commerçant de St Cyprien, connaissance de Maxime Bouffard

Indignation et révolte

En marge de la prise de conscience et de la peine, il y a la colère aussi. La révolte, même. Comme celle de Bernard, ulcéré que le procès offre neuf mois de tribune d'honneur à des idées fanatiques et aux assassins qui les servent.

Bernard regrette que le procès puisse servir de tribune aux assassins du Bataclan ©France 3 Périgords

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Un hommage avait été rendu à Maxime Bouffard, victime des attentats de Paris, au Stade Mouguerre dans les Pyrénées-Atlantiques. Un moment partagé entre amis et membres de la famille du Périgourdin qui avait de fortes attaches au Pays basque.

 

Ses amis ont décidé de rendre hommage à ce passionné de musique à travers un festival rock, chaque année. Tout un symbole
500 personnes se sont rassemblées au stade de St Cyprien en Dordogne où Maxime jouait plus jeune. Ses anciens camarades du club, du collège et du lycée de Sarlat, mais aussi les habitants de la commune. Maxime, 26 ans, a été l'une des premières victimes de la tuerie du Bataclan.

 

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