Restrictions budgétaires : deux piscines de Dordogne en panne sèche cet été

© France 3 Périgords - Florian Rouliès & Clémence Rouher
© France 3 Périgords - Florian Rouliès & Clémence Rouher

Les piscines de Bourdeilles et Champagnac-de-Bélair resteront fermées cet été. Pas assez de moyens pour les remettre aux normes, trop coûteuses à l'entretien, la communauté de communes préfère baisser le rideau. Vacanciers et résidents devront trouver d'autres moyens de se rafraîchir.

Par Pascal Faiseaux

Deux fermetures de piscine font polémique à Bourdeilles et Champagnac-de-Bélair

La décision a été actée depuis la fin de l'année dernière, mais elle fait encore bouillir certains utilisateurs. Les piscines de plein air de Bourdeilles et de Champagnac-de-Bélair qui accueillent chaque été 3 700 baigneurs connaîtront deux ans de fermeture. A minima... car la réouverture en 2020 reste hypothétique.

Le président de la communauté de communes Dronne-et-Belle Jean-Paul Couvy déplore les faits, mais les justifie par une nécessité économique. Les deux établissements souffrent d'un besoin de mise aux normes électriques notamment et de traitement des eaux. Approximativement 800 000 euros de travaux estime-t'on. Bien plus que ne peuvent se permettre les finances. Selon Jean-Paul Couvy les deux établissements génèrent 200 000 €uros de pertes par an depuis 4 ans. Parallèlement les dotations de l'Etat ont très fortement diminuées. Ici comme auparavant dans d'autres communes du département, ces déficits chroniques ne laissent d'autre issue que la fermeture. 

Reste que ces piscines municipales publiques à ciel ouvert étaient des lieux de détente incontournables pour les jeunes et les moins jeunes, qu'ils soient d'ici ou de passage. Elles ont aussi permis à des centaines d'enfant d'apprendre la natation, et aux innombrables touristes de s'occuper aux plus chaudes heures de l'été.

Après les écoles, la médecine et les services publics, les usagers se sentent victimes d'une nouvelle forme d'appauvrissement rural, cette fois sur les loisirs. Alors que dans le même temps les villes s'équipent toujours plus. Et sans infrastructures, plus d'attractivité. Dans ces zones rurales où il est déjà dur d'attirer de jeunes familles, des médecins, des artisans et des commerçants, le coup est sans doute plus lourd de répercussions qu'il ne pourrait y paraître à première vue.

La fermeture de la piscine était-elle évitable ? A Champagnac-de-Bélair, certains espèrent toujours pouvoir se baigner cet été et rappellent que la piscine avait fait l'objet d'une rénovation il y a 4 ans. Ils viennent donc de lancer une pétition en ligne et papier qu'ils adresseront au président de la communauté de communes lui demandant d'informer officiellement la population des raisons de ces fermetures, de consulter la population sur l’intérêt qu’elle porte à ce service public et de garantir un échéancier de travail afin de décider du maintien de cette compétence intercommunale.

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