Trop chaud, puis trop sec et maintenant trop humide : la truffe de Dordogne a pris les intempéries de plein fouet

Ils vont perdre jusqu'à la moitié de leur production cette année, et les cours risquent de flamber. Les intempéries et surtout l'humidité de ces derniers jours causent de gros dégâts dans les trufficultures. 
© France 3 Périgords - Émilie Bersars & Quentin Monaton

Les truffes, les pieds dans l'eau

Nolla, chien truffier, a la truffe humide, et ça c'est plutôt bon signe. Mais les truffes qu'elle décave ne sont guère plus sèches. Et ça c'est beaucoup moins bon. Dans ce petit coin de Mensignac, son propriétaire Claude Naulhé, se désespère. Il estime qu'il perdra cette année environ la moitié de sa production de truffes. Des conditions météorologiques extrêmes cet été, et maintenant un sol gorgé d'eau, et voilà que ses truffes sont pourries...
Désabusée, Nolla ne trouve que des truffes humides !
Désabusée, Nolla ne trouve que des truffes humides ! © France 3 Périgords - Émilie Bersars & Quentin Monaton

Du calcaire, de l'acidité, des cailloux et (un peu) d'eau

C'est que Tuber Melanosporum est un petit organisme capricieux et délicat. Déjà que lorsque les conditions sont réunies, le succès n'est pas garanti. Alors quand les intempéries s'en mêlent... Le choix du terrain est un facteur essentiel. Outre un sol calcaire de réaction alcaline, il faut qu'il soit caillouteux. Ce sont ces cailloux qui protègent la surface du sol. Ils assurent aussi le drainage indispensable au champignon. Grâce à eux, l'eau s'écoule rapidement vers des couches inférieures sablonneuses, et le champignon évite le pourrissement. 
 
En Périgord, la trufficulture reste une activité à taille humaine, pratiquée par des passionnés plutôt que par des producteurs agro-alimentaire
En Périgord, la trufficulture reste une activité à taille humaine, pratiquée par des passionnés plutôt que par des producteurs agro-alimentaire © France 3 Périgords - Émilie Bersars & Quentin Monaton

La Truffe et la Voie du Milieu

Tout cela, les trufficulteurs l'ont appris générations après générations. Les terrains propices sont connus. Mais ce qu'ils ne contrôlent pas, ce sont les saisons. Et dans ce domaine, la truffe a un côté boudhiste. Elle fuit les extrêmes et préfère la voie du mileu. 

Comme le précise le très complet site Truffefrance, " une alternance suffisante mais non excessive des saisons (pluviométrie, humidité de l'air, température, insolation) est favorable. Ainsi sont exclus, en France, les climats de type franchement océanique (doux et peu contrastés), de type continental (été très chaud, hiver très froid, saisons intermédiaires peu marquées), de type franchement méditerranéen (été aride), les climats d'altitude à longue période froide, les conditions climatiques à ensoleillement très faible ou excessif, selon le type de climat régional."

Exactement ce que nous n'avons pas connu cette année en Dordogne.
 
La récolte de truffes de Dordogne fait les frais d'un hiver pluvieux ©France 3 Périgords
 
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