À Périgueux, la campagne envahit la ville

Les villes à la campagne, c'est peut-être compliqué. Mais à Périgueux on est en train de faire rentrer la campagne dans la ville. Dans le parc Gamenson, un jardin potager-partagé est sorti de terre, agrémenté désormais de composteurs collectifs pour réduire l'empreinte déchet... et les factures !

Julien Lermytte le reconnaît : la vingtaine d'habitants bénévoles qui a créé ce coin de potager à l’arrière de la médiathèque Pierre-Fanlac dans le parc Gamenson, en plein coeur de Périgueux, était déjà "hyper-motivée" à la base. Le travail de son association Archipel Des Transitions en Dordogne-Périgord * en a donc été grandement facilité. Désormais, courges, courgettes, poivrons et tomates sont sorties de terre, grâce notamment à une "culture en lasagne" très efficace, ou les couches de matière organique et de terre sont alternées. Lire la vidéo ci-dessous.


En partenariat avec la Maison de la Semence Paysanne et la médiathèque les meilleures graines sont plantées et donneront à leur tour une production de graines qui pourra être distribuée.

Avant d'embarquer vers l'écologie, veuillez composter

Après la création du jardin cet été, on vient de mettre en place trois composteurs collectifs. À l'image des 77 autres qui ont été installés un peu partout dans le Grand Périgueux, au pied des habitats collectifs et des cuisines centrales notamment.

Un modèle de développement durable et d'autonomie alimentaire basé sur la résilience, mais aussi un modèle économique à suivre. L'animatrice de la journée formation au compost ce jour-là travaille pour le SMD3, le syndicat mixte qui gère les ordures ménagères du département.

Pour Patricia Puyraud, l'intérêt est évident : plus de 30 % de nos poubelles qui partent dans les déchets ultimes non valorisés sont bio-compostables. Épluchures, déchets alimentaires (hormis viande et poisson en quantité importante), certains papiers, marc de café et autres peuvent en effet parfaitement se transformer en compost pour produire à nouveau des fruits et légumes...

La boucle est bouclée et le porte-monnaie épargné. Car avec l'arrivée prochaine de la redevance incitative qui taxera les déchets ultimes au volume produit, il y aura tout intérêt à alléger ses sacs noirs.

Pour autant, l'utilisation d'un composteur nécessite une certaine éducation, d'autant plus s'il est collectif. Comme pour toute bonne recette, le compost s'élabore avec des ingrédients choisis, disposés dans l'ordre et dans un récipient adapté, et il nécessite un certain temps de préparation sous surveillance constante pour donner le meilleur de lui-même.

Ce sont surtout des gens qui ont envie de remettre les mains dans la terre ! Qui habitent en ville, mais qui ont envie de faire pousser des légumes !

Julien Lermytte


L'autre intérêt, c'est de recréer un lien distendu entre l'urbain et la nature. Car les habitants des villes sont nombreux à vouloir plus que de se promener dans un parc public pour respirer la chlorophyle, et à ne plus se contenter d'un géranium ou d'un pied de tomate-cerise sur le balcon.

Pour cela, l'association est encouragée par la municipalité qui a fait de la transition énergétique, de la végétalisation de la ville et du maraîchage urbain l'une de ses priorités avec le projet d’une "ferme urbaine". La campagne dans la ville, on vous dit !

* L'association est née lors des Rencontres de la transition organisées à Coulounieix-Chamiers et à Bourrou en 2019. Elle est coprésidée par 12 personnes sur l’ensemble de la Dordogne où d'autres projets sont en cours.

 
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