Meute de chiens de chasse en Dordogne : la préfecture réaffirme le bon état sanitaire des animaux

La vidéo choc de l'association ONE VOICE de septembre 2019 / © ONE VOICE
La vidéo choc de l'association ONE VOICE de septembre 2019 / © ONE VOICE

La préfecture de Dordogne tient bon face aux accusations répétées de l'association One Voice qui dénonce les conditions de vie de plusieurs dizaines de chiens de chasse élevés par un particulier à Azerat. Elle maintient que les animaux sont en bonne santé, certificat vétérinaire à l'appui

Par Pascal Faiseaux

C'est désormais une guerre médiatique qui oppose l'association de défense animale ONE VOICE et la préfecture de Dordogne. L'association a été la première à dégainer, en publiant une première vidéo-choc dénonçant un élevage de chiens de chasse maltraités à Azerat, et affirmant même que les chiens se dévoraient entre eux.

Une vidéo qui a forcé la préfecture à remettre les pendules à l'heure le 30 septembre. Elle a précisé qu'elle s'occupait déjà de l'affaire, qu'elle avait déjà procédé à des contrôles, sommé le propriétaire de procéder à des remises aux normes, et suivi le dossier de façon à s'assurer que les animaux ne soient pas en danger.

Pas suffisant pour ONE VOICE qui récidive début octobre avec de nouvelles images, et dénonce une complaisance supposée de la préfecture.

L'association qui remet le couvert samedi dernier, cette fois en action sur le terrain par le biais d'une manifestation d'une trentaine de sympathisants devant la préfecture, puis dans les rues de Périgueux. Sur les banderoles et dans les mégaphones une revendication claire : "Nous demandons la saisie immédiate de la totalité des chiens d’Azerat !"

Réponse non moins claire de la préfecture ce jour, via le communiqué de presse ci-dessous qui affirme que "suite à un examen vétérinaire indépendant, la maltraitance animale est exclue".  Dont acte. Le vétérinaire n'ayant décelé que des pathologies mineures sur très peu d'animaux, dont une conjonctivite sur un épagneul !

De quoi se poser des questions au vu des images diffusées par ONE VOICE qui montraient un autre spectacle, bien plus affligeant, qui avait ému de nombreux internautes. À se demander s'il s'agit bien des mêmes chiens dont parlent la préfecture et l'association.

Le Communiqué de Presse de la Préfecture

Meute de chiens dans le Terrassonnais : suite à un examen vétérinaire indépendant, la maltraitance animale est exclue

Le 4 octobre dernier, la préfecture de la Dordogne a mandaté un vétérinaire d’exercice libéral afin de contrôler les conditions de détention de la meute de chiens située sur la commune d’AZERAT mais aussi d’observer leurs comportements et de pratiquer un examen clinique sur une partie des animaux.

Cette inspection a permis de conclure que l’attitude générale des chiens dans leur enclos ne présentait aucune anomalie. Les interactions sociales entre les chiens, avec leur détenteur et avec les autres êtres humains sont normales. La nourriture distribuée apparaît en outre adaptée en quantité comme en qualité, ce que fait ressortir l’examen individuel des chiens traduisant un niveau d’embonpoint satisfaisant et une dentition globalement saine.

A la lumière des examens individuels (examen physique, palpation, auscultation, prise de température) qu’il a réalisés sur une trentaine de chiens, le vétérinaire n’a identifié aucune pathologie de groupe et a conclu au bon état de santé de la meute.

Par conséquent, il n’existe pas de situation de maltraitance animale sur le site.

Toutefois, quatre animaux ayant besoin de soins spécifiques ont été identifiés, dont un épagneul qui présente une tumeur ou papillomatose à la paupière inférieure de l’oeil gauche occasionnant une conjonctivite. En conséquence, la DDCSPP a demandé au détenteur d’apporter des soins vétérinaires adaptés à ces animaux.

Le détenteur est toujours sous le coup d’une mise en demeure pour réduire le nombre de chiens à 45 maximum d’ici le 15 décembre 2019. Les services de l’État se rendront sur site dans les prochains jours pour vérifier l’état d’avancement de la mise en conformité des effectifs.
 

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