Vendanges bergeracoises : plus précoces, plus sèches et plus "vertes"

Les vendanges du vin rouge sont en cours dans le Bergeracois. Avec les changements climatiques, les grappes sont de plus plus précoces et sèches. Avec les changements de mentalités, elles sont aussi de plus en plus vertes. Le bio gagne aussi du terrain

Une année très sèche, qui donne très peu de jus, des grains petits et très concentrés, à la limite du "raisin sec": 2020 ne sera pas une année où la quantité sera remarquable. Les viticulteurs envisagent une perte de quantité d'environ 15% qui ne permettra pas d'atteindre les 500 000 hectolitres (50 millions de litres). Et la qualité change aussi avec ce jus sans acidité. Résultat, un vin de qualité, mais qui se prête plutôt à un vieillissement. 

À l'heure de la récolte, Éric Chadourne, président de la Fédération des vins de Bergerac et Duras, et vigneron en Pécharmant, fait ce constat attendu sur les 12 000 ha du Bergeracois, après un été à la sécheresse remarquable. Encore heureux, se console-t-il, que le printemps humide a un peu aidé à maintenir les vieilles vignes. Mais la rareté de ce raisin "gorgé de soleil" peut aussi devenir un atout. D'un vin un peu "dur" dans sa jeunesse, on peut évoluer vers un très honorable vin de garde.

Raisins précoces

Mais où sont les vendanges d’autrefois qui débutaient aux premiers jours de septembre ? Le réchauffement climatique fait mûrir les grappes de plus en plus tôt, et il n'est plus rare que la récolte des blancs secs débute fin août. Cette année, cette récolte a même été plus que précoce puisqu'elle a débuté le 20 août !

Raisins verts

Le changement climatique, les viticulteurs en ressentent les effets en direct. Côté production, mais aussi côté vente, avec une prise de conscience globale qui pousse les consommateurs à privilégier les produits bio. Le choix qui n'était qu'éthique jusqu'à récemment devient donc aussi économique pour les viticulteurs. C'est en tout cas celui d'Éric Chadourne qui a converti ses parcelles il y a 3 ans déjà.
 

Le Bergerac bio ... logiquement !

Entre les nouveaux installés qui ont l'écologie dans leur ADN et les anciens qui comprennent que le vent tourne au vert, le Bergeracois a entamé la conversion plus tôt et plus vite qu'ailleurs. Alors qu'il n'y en avait que 13,5% d'exploitations viticoles bio en 2012, la région en compte aujourd'hui près de 20 %. Environ 5% de plus que sur le reste du territoire français.

Ces chiffres en constante augmentation sont rendus possibles par la flexibilité particulière dans ces vignobles à taille humaine. Ici, les exploitants sont souvent les propriétaires et ils exploitent artisanalement des surfaces moyennes d'une quinzaine d'hectares. De petites exploitations où il est plus aisé de changer ses pratiques...
 

Pour découvrir ces vendanges 2020 moins abondantes et plus vertes ► 

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