En Limousin : quelle place pour les femmes en politique ?

Publié le Mis à jour le
Écrit par Margaux Blanloeil .

En 30 ans, après Edith Cresson, Elisabeth Borne est la deuxième femme nommée Premier Ministre. 22 ans après les premières lois sur la parité en politique et à quelques jours du scrutin du premier tour pour les législatives, nous faisons le point sur la place des femmes en politique.

 22 ans après les premières lois sur la parité en politique, si les hommes restent plus nombreux, les femmes sont de plus en plus présentes dans ce milieu.  

En France

Dans l’hexagone, la parité entre les hommes et les femmes progresse. Selon les chiffres de l’Insee, les femmes représentent 39 % des députés et 32% au Sénat. Une évolution lente mais nette par rapport aux chiffres d’il y a vingt ans où elles ne comptaient que 11% à l’Assemblée nationale et 6% au Sénat.

Le 18 juin 2017 est une date historique. Emmanuel Macron souhaite féminiser l’Assemblée nationale. Sur 577 sièges, 244 femmes sont élues députées. En Limousin, elles sont trois : Marie-Ange Magne (LREM), Sophie Beaudouin-Hubière (LREM) en Haute-Vienne et Frédérique Meunier (LR) pour la Corrèze.

A l’échelle locale, elles sont 42 % des conseillers municipaux contre 40% en 2014. Comme conseillères départementales ou régionales, elles sont près de la moitié aujourd’hui.

C’est chez les maires que le bât blesse car elles ne représentent que 20 %. En Limousin, c’est un peu plus, 23% exactement. 46 femmes sur 195 maires en Haute-Vienne. 59 femmes maires sur 254 en Creuse. 65 femmes sur 277 en Corrèze.

Chez les présidents de région, moins d’un tiers sont des femmes. 5 sur 18 ont une présidente à leur tête. Au niveau des conseils départementaux, elles n'en président que deux sur dix dont Valérie Simonet, présidente du Conseil Départemental de la Creuse depuis le 2 avril 2015. 

Si ce ne sont pas des élues, il est intéressant de souligner que les préfectures des trois départements de l’ex-Limousin ainsi que celle de la Nouvelle-Aquitaine sont exceptionnellement administrées par des femmes.    

Comment expliquer ces chiffres ?  

La parité a évolué grâce à une volonté politique qui remonte à plus de 25 ans. En 1995, Jacques Chirac instaure un Observatoire de la parité. En 1997, Lionel Jospin s’engage à réformer la Constitution pour y inscrire la parité, ce qu’il fera en 1999.  

La première loi ayant pour objectif de favoriser l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et aux fonctions électives a vu le jour le 6 juin 2000. D’autres ont suivies en 2007, 2013 et 2019.  

Au fur et à mesure, toutes changent le visage de la politique. La loi de 2013 est une petite révolution. Elle instaure un scrutin binominal majoritaire pour l’élection des conseillers départementaux qui se substituent aux conseillers généraux, c’est-à-dire que sur chaque canton un binôme femme-homme doit se présenter. Résultat : après l’élection de 2015, la présence des femmes élues dans les conseils départementaux passe de 13,8 % à 50,1 %.  

La fin des cumuls des mandats est aussi une explication à cette évolution précise Thomas Marty, docteur en sciences politiques. Il n’y a plus de député-maire explique t’il. C’était une fonction de notable, notamment masculine ajoute t’il. 

Les pénalités financières sont aussi un levier. Elles peuvent coûter très chères et certains partis politiques ont perdu beaucoup d’argent en 2018 pour ne pas avoir investi assez de femmes aux élections législatives de 2017. Les Républicains arrivent en tête en faisant une croix sur 1,78 million d’euros plutôt que de respecter la loi. 

Selon l’Observatoire des inégalités, la parité progresse donc partout même si certains domaines comme les finances, les transports, l’aménagement du territoire restent très masculin et que les fonctions à haute responsabilité sont encore dominées par les hommes.  

Le sexisme en politique perdure comme le raconte trois femmes politiques que nous avons rencontrées, Marie-Françoise Pérol-Dumont, femme politique retraitée, Marie-Ange Magne, députée LREM de Haute-Vienne, Marie-Françoise Fournier, maire de Guéret sans étiquette. Reportage. 

Législatives en Limousin, la parité dépassée  

En Limousin, la tendance s’est inversée pour ces élections législatives de 2022. En 2007, il y avait 70 hommes contre 43 femmes candidates. Cette année, on compte 32 femmes et 29 hommes selon Thomas Marty, docteur en sciences politiques.

En Creuse, la situation est exceptionnelle. Alors qu’elles représentent 44% des candidats au niveau national, elles sont 73% dans ce département. 8 femmes contre 3 hommes seulement briguent le fauteuil de l’unique circonscription de Creuse.  

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