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Gilets Jaunes : tout le monde n'ira pas manifester le 17 novembre en Poitou-Charentes

Le mouvement des gilets jaunes prend de l'ampleur depuis le début du mois de novembre / © PHOTOPQR/L'ALSACE/MAXPPP
Le mouvement des gilets jaunes prend de l'ampleur depuis le début du mois de novembre / © PHOTOPQR/L'ALSACE/MAXPPP

Le 17 novembre, un mouvement de protestation contre la hausse des prix des carburants a prévu de bloquer les principaux axes routiers de France. Une action organisée également en Nouvelle-Aquitaine. Mais certains, en Poitou-Charentes, ont décidé de ne pas répondre à cet appel à manifester.
 

Par Emma Derome

L'opération contre la hausse du prix du carburant a été lancée il y a déjà plusieurs semaines sur les réseaux sociaux. Avec le hashtag #GiletsJaunes, les opposants à cette mesure expliquent pourquoi ils iront bloquer les routes de France le samedi 17 novembre. Mais certains citoyens n'iront pas soutenir ce mouvement, invoquant des raisons politiques, écologiques, ou professionnelles.

À la suite d'un appel à témoignages diffusé sur la page Facebook de France 3 Poitou-Charentes, de nombreux internautes ont réagi.
 

La peur de la récupération

Certains expliquent ne pas vouloir s'associer à un mouvement qu'ils soupçonnent avoir été récupéré politiquement par les extrêmes. "Une manifestation dirigée par le Front National, c'est sans moi", écrit Jean Michel Meunier. Bien qu'aucun syndicat, aucun parti politique ne semble être à l’origine de cette journée, les partis politiques d'opposition comme Les Républicains, le Rassemblement National ainsi que la France Insoumise ont appelé à rejoindre le mouvement anti-gouvernemental.

De l'autre côté, LREM motive le mouvement anti-gilets jaunes. Un hashtag, #SansMoile17, a été initié par un partisan de La République en Marche et massivement partagé sur les réseaux sociaux, dont plus de 40 000 tweets, soit dix fois plus que #GiletsJaunes, d'après Linkfluence.

Pas les moyens

D'autres redoutent d'être défavorisés par le blocage des routes, comme Manuel Naudin, traiteur à Faye-sur-Ardin, près de Niort.

"J'ai une entreprise et je ne travaille que le week-end. Un week-end sans travailler, c'est entre 25 et 30% de mon chiffre mensuel, je ne peux pas me le permettre." 

Il voit donc ses prestations "prévues depuis plusieurs semaines avec les clients" menacées par le blocage des routes.

Transition écologique

Si de nombreux internautes soutiennent tout de même ce mouvement, en évoquant un "ras-le-bol" généralisé auquel s'ajoute l'augmentation du prix du carburant, d'autres résistent à cet appel, notamment pour des raisons écologiques
 


C'est le cas de Gwendoline, agent de guichet à La Rochelle. "C'est une bonne mesure écologique afin d'encourager les gens qui habitent dans les zones desservies par les transports en commun de laisser leur voiture", écrit-elle.

Martin Lagrave, aussi de La Rochelle, dénonce un engagement écologique à deux vitesses. "La majorité des gens se disent préoccupés par l’avenir de la planète (...), mais dès que l’on doit modifier son comportement, sa façon de consommer, d’un coup l’écologie semble bien moins importante."
 

Des aides pour les zones rurales

Néanmoins, tout le monde n'a pas la chance de vivre dans une zone bien desservie par les transports en commun. "De nombreux concitoyens vivant en zone rurale sont fortement touchés par la hausse du carburant, il faut comprendre leurs difficultés, car 25 euros de moins à la fin du mois, ce n'est pas rien", estime Nicolas Turquois, député Modem et LREM de la Vienne, et ancien agriculteur dans le Loudunais.

Des considérations qui ne doivent pas, selon l'homme politique, faire perdre de vue les objectifs écologiques. "Il nous faut des mesures à la hauteur des enjeux écologiques majeurs comme la lutte contre le réchauffement climatique." Des mesures qu'il faudrait davantage expliquer, selon lui, et parfois accompagner d'aides, notamment pour les habitants des zones rurales, nuance-t-il. "Il y a peut-être des annonces à faire du côté du gouvernement à ce niveau-là." 

"Un mouvement inutile"

Certains internautes ont quant à eux fustigé l'idée même de bloquer les routes, ou de circuler avec un gilet jaune sur son tableau de bord pour afficher son soutien. "Une plaisanterie inutile", "une idée crédule". Ils estiment que le blocage ne touchera pas le gouvernement. "Je ne participerai pas à cette manifestation qui pénalisera toujours les mêmes, explique Sylvie Rousselot sur Facebook. 

La citoyenne en appelle aux futurs bloqueurs. "Il serait beaucoup plus judicieux de regrouper nos forces respectives pour travailler à la redynamisation des centres villes, au maintien des petits commerces et différents services (poste, médecin, pharmacie, boulangerie) dans les villages, à la création d'un "vrai réseau de bus" desservant les communes isolées, au maintien des petites écoles dans les bourgs…"

 

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