#Anti2010 : collèges et jeunes se mobilisent contre le harcèlement

Face au risque de harcèlement sur les réseaux sociaux envers la génération 2010, plusieurs collèges mettent en garde contre les dangers de ces pratiques et tentent de protéger leurs élèves de 6e. Sur internet, certains jeunes "influenceurs" veulent aussi relayer ce message auprès des adolescents.

Une année de naissance synonyme de stigmatisation. En quelques jours, le phénomène #Anti2010 s’est emparé des réseaux sociaux. Sur TikTok particulièrement, certains adolescents ciblent spécifiquement les plus jeunes, nés en 2010, à travers des moqueries à répétition, pouvant aller jusqu’au harcèlement.

Alerté par l’association des parents d’élèves FCPE, le ministère de l’éducation a réagi en exigeant de TikTok le retrait du hashtag à l’origine de cette “tendance”, puis en communiquant directement auprès des académies et des établissements scolaires.

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Mais certains collèges, comme le Clos Chassaing à Périgueux, vont plus loin. Dans un mail envoyé via ProNote, le principal rappelle aux parents d’élèves que “l'accès à ces réseaux est interdit aux moins de 13 ans selon les conditions générales desdits réseaux, conditions que vos enfants signent lorsqu'ils s'inscrivent”, puis ajoute “qu'il est conseillé aux familles d'avoir soit les codes de vos enfants, soit d'être dans les "amis" de vos enfants pour suivre ce qu'il se dit par votre enfant ou contre votre enfant.” Et de conclure : “Si nous constatons de telles atteintes aux élèves de 6e au sein du collège, nous enclencherons les sanctions adaptées à ce phénomène discriminant, harceleur et donc inacceptable.”

En relayant le problème auprès des professeurs principaux et des équipes de vie scolaire, Stéphane Brochon tient à s’assurer que ce qu’il se passe en ligne ne se reproduise pas dans l’enceinte de son collège. “L’idée est de mesurer si ce phénomène est présent ou pas dans l'établissement, en écoutant la parole des plus jeunes pour éventuellement recenser ce genre de comportement, affirme le principal. Ce phénomène est contraire à ce qu’on essaie de promouvoir, c’est-à-dire l’aide des plus grands aux plus petits. On forme une communauté éducative à laquelle chacun participe, et il est très important d’être attentif à l’ensemble des élèves.”

Contactée, l’académie de Bordeaux dit “suivre de près les situations avec les référents départementaux et les référents académiques”, mais ne pas avoir pris connaissance de “remontées” jusqu’à présent.

Les réseaux, problème et solution ?

Si la vague #Anti2010 a pris une telle ampleur, c’est grâce à la puissance des réseaux sociaux, programmés pour relayer les contenus les plus en vogue de façon exponentielle, auprès d’utilisateurs ciblés en fonction de leurs goûts. 

Source du problème, les réseaux sociaux peuvent aussi faire partie de la solution. Depuis la mise en lumière du phénomène, plusieurs jeunes “influenceurs” ont utilisé leur plateforme pour s’adresser aux dizaines voire centaines de milliers d’adolescents qui composent leur audience.

A Bordeaux, Pierre Chassaing, 91 000 abonnés sur TikTok et 16 200 sur Instagram, n’est pas resté insensible à cette problématique. “Je suis passé par là, mais je me suis servi des moqueries et du harcèlement comme d’une force, raconte le jeune homme de 20 ans. J’aimerais transmettre à la génération 2010 cette force-là. Certes, ils doivent endurer certaines choses, mais ça ne dure qu’un temps. Plus tard, ils se rappelleront que s’ils ont réussi à tenir le coup, ça veut dire qu’ils ont eu confiance en eux, qu’ils ont une force mentale, et que ce n’est pas ça qui va les arrêter.” 

Malgré le retrait du hashtag, des vidéos sur le sujet continuent d’être partagées et visionnées par le jeune public. Avec plus de 38 % de 13-17 ans, les adolescents restent les plus représentés parmi les utilisateurs de TikTok en France.

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