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Blanquefort : la 1e guerre mondiale à la moulinette de l'Echappée belle

Aborder la guerre de 14-18 avec la pomme de terre comme accessoire, il fallait avoir l'idée ! Elle a germé dans la tête d'un artiste belge, Nicolas Moreau. Avec Poilu, purée de guerre, il traite d'un sujet douloureux avec drôlerie et sensibilité. Il est à l'Echappée belle de Blanquefort. 





La pomme de terre devient obus dans Poilu, Purée de guerre.
La pomme de terre devient obus dans Poilu, Purée de guerre. © Hélène Chauwin
La patate, c'est le légume vedette de son pays, la Belgique. Nicolas Moreau voulait alors monter un spectacle sur la guerre de 14-18 parce que "c'était la première mondiale, parce que c'était la première à faire des morts par millions". Mais reconnaît l'artiste, "ce n'est pas un sujet facile en spectacle, il est grave, plombé".

Un poilu en sculpture de pomme de terre dans Poilu, purée de pomme de terre.
Un poilu en sculpture de pomme de terre dans Poilu, purée de pomme de terre. © Hélène Chauwin


C'est en observant un jour, dans un champ, une charrue tracer un sillon et les pommes de terre plantées dans cette tranchée naturelle qu'il a trouvé comment le traiter. Il peaufine sa recette plusieurs années et écrit un spectacle où la patate est servie sous toutes ses formes : sculpture de poilu, pomme de terre entière en catapulte ou en bombe, spaghetti en entrailles...

La pomme de terre, entrailles qui explosent, pour évoquer la mort sur le champ de guerre.
La pomme de terre, entrailles qui explosent, pour évoquer la mort sur le champ de guerre. © Hélène Chauwin

L'ancien acrobate, devenu comédien peut évoquer la guerre, la mobilisation, le front, la mort avec humour, parler de Verdun et du soldat inconnu aussi. 

La pomme de terre mitraillette dans Poilu, purée de guerre.
La pomme de terre mitraillette dans Poilu, purée de guerre. © Hélène Chauwin

Le jeune public rit,  crie, réagit. Il se bouche les oreilles quand les pommes de terre pétaradent, se protége des frites projectiles et les renvoie. 
Le jeune public réagit devant Poilu, purée de guerre.
Le jeune public réagit devant Poilu, purée de guerre. © Hélène Chauwin


Certains ont été décontenancés par le début.

"Je ne m'attendais pas à ça. Je ne pensais pas qu'il parlerait de la guerre comme ça. Mais c'était drôle" analyse Amélie, collégienne de 5e à Blanquefort. 

"C'était original avec plein de mises en scène." renchérit Elycia. 

Sandrine Mathivet avait travaillé le sujet en classe avec ses élèves de CE2, CM1 de l'école élémentaire Vaclav Havel à Bordeaux.

"Je vais voir ce qu'ils ont retenu, comment ils ont compris les analogies avec la pomme de terre. On va en reparler". 

Nicolas Moreau de la compagnie Chicken Street discute avec son public.
Nicolas Moreau de la compagnie Chicken Street discute avec son public. © Hélène Chauwin

Après le spectacle, Nicolas Moreau prend le temps d'expliquer sa démarche artistique et de répondre aux questions. 

Pas trop lontemps, c'est l'heure de manger pour les jeunes. Un pique-nique avec des chips. 

Poilu, purée de guerre à voir jusqu'à dimanche à l'Echappée belle de Blanquefort



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