Bordeaux : ArianeGroup supprime 600 postes, l'inquiétude pour les trois sites de la métropole

ArianeGroup a annoncé son intention de supprimer 600 postes d'ici la fin 2022. Tous les sites du groupe devraient être concernés par cette réduction d'effectifs, dont ceux situés à Saint-Médard en Jalles et au Haillan.

La nouvelle est tombée ce jeudi 23 septembre, révélée par l'hebdomadaire Challenges. ArianeGroup, constructeur des fusées Ariane entend supprimer 600 postes en France et en Allemagne d'ici 2022. Le groupe qui fait face à la compétitivité de l'américain Space X n'entend pas fermer de site. Pour autant, cette réduction d'effectifs concerne l'ensemble des sites du groupe, dont les trois girondins. 
Deux sont situés à Saint-Médard en Jalles et un au Haillan. Au total, 3 500 salariés sont employés par le groupe dans le département.

L'inquiétude des élus

C'est une "très mauvaise nouvelle", estime Andréa Kiss, la maire du Haillan. L'élue a contacté ce vendredi Stéphane Delpeyrat, maire de Saint-Médard en Jalles afin d'échanger à ce sujet. Tous deux ont été informés par la presse. "Nous prévoyons de recevoir les représentants syndicaux prochainement pour en savoir plus sur le détail de ces suppressions de poste", poursuit-elle.

Nous n'avons aucune idée de la répartition. Nous espérons les dégâts les plus minimes, en comptant les départs volontaires et les départs en retraite.

Andrea Kiss, maire du Haillan

"Sachant qu'en France on a 350 départs naturels chaque année, si on y ajoute le flux d'embauches que l'entreprise va maintenir, il faudra faire partir 150 à 200 personnes", a estimé de son côté Philippe Gery, délégué syndical central CFE-CGC contacté par l'AFP.

"On est un peu désarmés"

Le site du Haillan compte environ un millier de salariés. "C'est un gros secteur d'emploi sur le territoire, et cela concerne également un certain nombre d'habitants de la commune, poursuit Andrea Kiss. "Malheureusement, nous n'avons aucun pouvoir, si ce n'est d'exercer une pression. Cela relève de la gestion de l'entreprise. On est un peu désarmés", regrette l'élue.

 

"Première charrette"

 "La direction nous a livré  sa vision pour 2022, explique Pierre Giacomini, délégué syndical central CGT au sein du groupe. Elle nous a fixé deux objectifs : faire voler Ariane 6 avant la fin 2022, et une conférence interministérielle autour du futur lanceur européen."

On nous a donc annoncé cette réduction d'effectifs, mais nous ne connaissons pas la répartition. On sait seulement qu'il va y avoir une centaine d'embauches l'an prochain. Donc, mathématiquement, ce ne seront pas 600 qu'il faudra, mais 700 départs.  

Pierre Giacomini, représentant CGT Ariane groupe

Pour le représentant syndical, cette décision "fait partir des compétences et du savoir-faire". Mais surtout, il craint qu'elle n'augure de nouvelles décisions similaires, alors qu'en 2018, ArianeGroup avait déjà mentionné sa volonté de supprimer 2 300 postes. "Ce n'est pas avec la suppression de 600 postes qu'on va remettre un groupe comme le nôtre à l'équilibre. Pour parler un peu simplement, On est sur une première charrette", alerte-t-il.  

"Nous avons effectivement annoncé un plan d'adaptation des effectifs d'un maximum de 600 personnes qui concerne la France et l'Allemagne", a affirmé à l'AFP la directrice des ressources humaines de l'entreprise, Florence Gallois, précisant qu'aucune fermeture de site n'était prévue. André-hubert Roussel, Directeur Exécutif  d'ArianeGroup, a ajouté "Nous voulons privilégier le dialogue social pour parvenir à un accord collectif sur les départs volontaires. Chaque site en France et en Allemagne a un rôle à jouer dans la nouvelle organisation et ils seront préservés."

Ce serait donc une quarantaine de postes concernées sur chaque site, principalement issus des fonctions supports, plus que des opérationnels techniques, directement impliqués dans la fabrication.  

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