Bordeaux : le commerce du centre-ville menacé par les manifestations du week-end

A peine autorisés à rouvrir le 28 novembre, les commerçants ont été impactés par les débordements en marge des manifestations le week-end dernier. Or, cette période de Noël est cruciale pour sauver leurs chiffres d'affaires, et pour certains carrément survivre à la crise sanitaire...
La rue commerçante Sainte-Catherine de Bordeaux est située sur le passage des manifestants ce qui impacte de manière très négative les ventes en cette période de Noël.
La rue commerçante Sainte-Catherine de Bordeaux est située sur le passage des manifestants ce qui impacte de manière très négative les ventes en cette période de Noël. © Sébastien Delalot
"Gilets jaunes, mouvements sociaux, confinement, reconfinement… A cela viennent s’ajouter les débordements du week-end dernier, jour de réouverture et de reprise d’activité. La coupe est pleine pour les commerçants." Dans un communiqué, la CCI Bordeaux Gironde tire la sonnette d'alarme cette semaine et explique avoir mis autour de la table en urgence représentants de l’Etat, de la Mairie et des associations de commerçants pour trouver des solutions "afin d’éviter de nouveaux événements perturbateurs à la veille des fêtes de Noël. Leur survie est en jeu !" 

"Les manifestants nous assassinent"

A la veille d'un nouveau week-end essentiel pour le commerce, deux nouvelles manifestations sont prévues à Bordeaux vendredi 4 décembre ( à 18 heures place de la Victoire) et samedi 5 décembre. Les commerçants du centre-ville, en particulier ceux de la rue Sainte-Catherine qui est souvent le théâtre d'incidents et dégâts sur les vitrines provoqués par des casseurs, ont peur. Car même si l'hyper centre n'est pas sur le tracé à proprement parlé de la manifestation, tout le périmètre est concerné. Selon Christian Baulme, président de l'association des commerçants de la Ronde des quartiers (1300 adhérents), les manifestants qui traversent les rues commerçantes avant et après le défilé, "font fuir" les clients qui renoncent à venir faire leurs courses de Noël.

Si on ne peut pas travailler les quatre semaines de noël on est morts, les manifestants nous assassinent !

Christian Baulme, président de la Ronde des quartiers

" L'état a prêté de l'argent aux commerçants pour compenser le confinement, mais cet argent, nous devons le rembourser. Si on ne travaille pas c'est impossible ! s'agace le président de la Rondes quartiers pour qui les manifestations sont un désastre dans le centre-ville de Bordeaux.

Côté CCI de Bordeaux, ça grogne aussi. "Oui, je suis en colère. Nous faisons tout pour accompagner au mieux les entreprises en difficulté notamment les commerces dans leur réouverture. Il y avait beaucoup d’espoir. Et des irresponsables viennent tout gâcher" a déclaré Patrick Seguin, Président de la CCI Bordeaux Gironde.

Peggy Ontsia, qui a une boutique de vêtements et de déco rue du Pas Saint-Georges, craint pour le petit commerce qui va beaucoup souffrir voire ne pas survivre, si les manifestations continuent tous les week-ends. "C'est trop dur pour le chiffre d'affaires".

Samedi dernier, on a bien vendu le matin, mais l'après-midi on n'a rien fait du tout, les clients ne sont pas venus à cause des manifestations.

Peggy Ontsia, commerçante bordelaise

Bordeaux : le commerce du centre-ville menacé par les manifestations du weekend
 

Un groupe privé sur les réseaux sociaux pour la sécurité

Depuis le mouvement des Gilets jaunes, la Ronde des quartiers et ses commerçants adhérents échangent des informations via un groupe privé créé sur l'application Telegram. Le but initial est la sécurité. "Ce groupe leur a servi à échanger des infos sur l'avancé de la manifestation pour anticiper la fermeture en cas de casse, se protéger et protéger les clients aussi", explique Christian Baulme. "Quand c'était trop violent, on baissait le rideau. Ce groupe permet de se parler, de vider son sac aussi".

Une solution que propose également la CCI de Bordeaux qui annonce la création d'un groupe privé sur les réseaux sociaux réunissant uniquement les présidents d’association pour faciliter les échanges et la communication avec la CCI. Il en sera de même avec le groupe créé sur Facebook lors du confinement « Covid 19 – Groupe de soutien entreprises et commerces en Gironde » (fort de 2 000 membres) qui va être transformé et sera ouvert à tous les commerçants.  En attendant, la CCI propose un autre groupe sur Whatsapp "Il pourrait être réservé dans un premier temps aux commerçants situés sur les différents itinéraires « déclarés » et ensuite être élargi à d’autres commerçants du centre-ville afin de faciliter cette remontée d’information. Un moyen d’échanger rapidement et d’avoir des actions coordonnées avec les services compétents".
 
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