Bordeaux : Une marche contre les violences faites aux femmes, organisée samedi à Bordeaux

Les membres d'associations féministes lors d'une manifestation parisienne, en septembre. / © Zakaria ABDELKAFI / AFP
Les membres d'associations féministes lors d'une manifestation parisienne, en septembre. / © Zakaria ABDELKAFI / AFP

À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre les violences faites aux femmes, l’assemblée générale féministe bordelaise organise une marche, samedi 23 novembre, à Bordeaux. Elle fait écho à la marche nationale organisée par NousToutes, à Paris.

Par Julie Chapman

Samedi 23 novembre, plusieurs collectifs féministes bordelais se réuniront pour une marche, à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre les violences faites aux femmes.

"Le collectif NousToutes 33 ne s’étant pas reconstitué cette année, plusieurs associations féministes se sont réunies en assemblée générale féministe pour organiser cette marche", explique Annie Carraretto, co-directrice du Planning Familial 33.

La marche partira du Miroir d’eau à 14 h, et se terminera vers 18 h à la Victoire. La manifestation sera non-mixte en tête de cortège. Plusieurs associations ont répondu à l’appel : le Planning familial, la Batucada, le Collectif bordelais pour les droits des femmes et l’assemblée générale de la faculté.

"Nous avons voulu coordonner les actions des différentes associations. Faire des ponts entre les opinions et les générations pour que nous soyons les plus nombreuses possibles samedi", explique Monique Nicolas, référente du Planning Familial au Collectif bordelais pour les droits des femmes.
 
 

Commémoration pour Safia


Lors de la marche, des résidents du Grand Parc se joindront au mouvement, en mémoire de Safia Mohammedi, victime de féminicide le 21 octobre dernier. Les participants respecteront une minute de silence avant de faire une minute de hurlements.

Nous n’avons pas envie de nous taire. Nous voulons aussi crier notre colère.
Annie Carraretto, co-présidente du Planning Familial 33

Des banderoles ont également été créées pour l’occasion, en plus de celles, déjà présentes lors des mouvements précédents. Le code couleur de NousToutes a aussi été repris.
 
 Plusieurs temps de parole sont prévus, notamment pour les professionnels du Grand Parc, en réaction au meurtre de Safia et pour exprimer leur ressenti, tant sur la situation globale que sur les expériences individuelles.

Pas assez de moyens


Avec plus de 137 féminicides en 2019, ces violences atteignent un "niveau record" pour Annie Carraretto. Une situation qui s’explique, selon elle, par un manque de moyens pour protéger ces femmes. 

"Il n’y a clairement pas assez de moyens mis en place. Il faut investir dans la prévention avec l’éducation et la formation des professionnels, mais aussi dans l’accompagnement quotidien des femmes victimes de violences. Il faut plus d’hébergements, plus d’aides judiciaires", explique la co-directrice du Planning Familial 33.

Et un traitement plus efficace des auteurs de ces crimes. Avec #MeToo, de nombreuses femmes ont décidé de parler. "Mais parler les met aussi en danger, puisqu’il n’y a pas de poursuite."
 
© D.R
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Selon un rapport de la ministre de la Justice Nicole Belloubet, 80 % des plaintes déposées ne donnent pas suite.

"Au delà du chiffre des féminicides, il faut compter ces femmes qui se suicident suite à des violences conjugales. En 2018, elles étaient 217. Il faut aussi prendre en compte, les femmes handicapées suite à ces violences, qui elles, sont moins visibles", rappelle Monique Nicolas, référente du Planning Familial au collectif bordelais des droits des femmes.
 
Monique Nicolas qualifie la France de "mauvais élève" en matière de lutte contre les violences faites aux femmes. "En Espagne, seulement 42 féminicides ont été recensés cette année. Ce n'est pas une question de moyens, mais de choix politique. Emmanuel Macron et son gouvernement sont criminels par leur silence et leur inaction", tranche Monique Nicolas.

En Gironde en revanche, leur action a porté ses fruits : douze places d'urgence ont été débloquées pour l'Apafed, auxquelles cinq appartements ont été rendus disponibles par la Mairie de Bordeaux. La mairie a également fait un appel à projet de 100 000€, à ce sujet. 

De retour lundi


Le mois de novembre sera féministe ou ne sera pas. Lundi 25 novembre, les associations bordelaises se sont également données rendez-vous à 12 h 30 devant la préfecture. Ce rassemblement est organisé en vue d’une audience avec la cheffe de cabinet de la Préfète, pour évoquer les moyens mis en oeuvre, à l'échelle régionale.

Le soir, une marche de nuit, non-mixte cette fois-ci, est prévue au départ de la place du Parlement, à 19h. L'objectif de cette marche est de permettre aux femmes de se réapproprier la ville, la nuit.

"Nous avions déjà fait une action dans la boîte de nuit La Plage, en distribuant des flyers. On veut permettre aux femmes de pouvoir sortir la nuit sans craindre pour leur sécurité", explique Monique Nicolas, référente du Planning Familial au Collectif bordelais pour les droits des femmes.



 

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