Bordeaux : le monde de la culture se mobilise pour rassurer les spectateurs malgré la Covid-19

Six scènes de la métropole bordelaises ont décidé de créer le collectif "Scènes ensemble", pour communiquer d'une même voix et promouvoir le spectacle vivant. Leurs directeurs veulent informer et rassurer les spectateurs.
Oui, le monde de la culture continue de créer, bouger, partager mais il est contraint de s'adapter ! Car si la crise sanitaire a conduit à de nombreuses annulations ou report, il s'agit aujourd'hui de soutenir et adapter les projets sur des scènes bien connues des Bordelais, Girondins et Aquitains.
Malgré les annonces du Premier ministre libérant les "jauges", c'est-à-dire permettant l'accueil de spectateurs sans distanciation, le specatcle ne reprendra pas comme avant à Bordeaux.
Ici, la métropole est en "zone rouge".
Pour autant, les établissements culturels ont bien décidé de faire leur rentrée et notamment ensemble, grâce à un partage de leurs expériences et ce collectif.
Le collectif "Scènes ensemble" réunit donc six sites labellisés par le ministère de la Culture:Ces six espaces culturels entendent aussi "informer et rassurer les spectateurs", notamment "sur les protocoles d'accueil des artistes et du public mis en place", mais aussi sur leur façon de s'organiser, de partager leurs expériences.
Par exemple, l'Opéra de Bordeaux a dû adapter sa "Traviata" du Grand-Théâtre à l'Auditorium "pour respecter la distanciation entre les musiciens dans la fosse". Mais la mise en scène a aussi due être adaptée...

Selon Catherine MARNAS, directrice du théâtre national de Bordeaux en Aquitaine (TNBA), il faut que les spectateurs réinvestissent les théâtres et se réapproprient ces lieux où l'on propose des événements et créations. 
"Mais il y a aussi la peur", dit-elle. "On vit depuis quelques temps en égrénant tous les jours les cas de covid... On a tous besoin de se retrouver pour la grande fête du théâtre".
Elle exprime également toutes les difficultés de ce monde culturel qui, comme d'autres secteurs, vit au jour le jour. "Comment se projeter à long terme? Que va-t-il se passer pour les créations qui ne se font pas aujourd'hui? Sur une fréquentation limitée? Ce sont des questions angoissantes... mais en les partageant, on se sent un peu plus solides".

Il faut vraiment que le public revienne !
 

Catherine Marnas, Directrice du TNBA

Et d'ajouter: "le théâtre est finalement un des endroits les plus tranquilles... avec une demi-jauge et les protocoles qu'on met en place..."

Scènes ensemble : la génèse du projet

L’idée n'est pas née du seul contexte sanitaire. Depuis plusieurs années, les six structures "étaient déjà régulièrement en lien à travers différentes formes de partenariats, ou autour de projets de diffusion, de production, ou d’accompagnement d’artistes ou de compagnies".
En décembre 2019, Carré-Colonnes obtenait son label Scène nationale, le Glob devenait Scène Conventionnée: "Nous avions de plus en plus de points communs : le moment était venu, une première rencontre dédiée fut organisée entre nos 6 structures".
Une coopération qui les rassemble notamment sur de grands thèmes tels que l’accompagnement des artistes mais aussi des sujets comme la production, la diffusion, l’émergence, ou encore la circulation.
La crise sanitaire a permis de prolonger ce partage devenu vital pour enfin accueillir du public à nouveau dans de bonnes conditions: "pour les spectateurs mais aussi les personnels, techniciens et artistes".

Plan de relance

On parle de plus de 7 milliards d'euros de pertes en 2020 pour le secteur de la création artistique (spectacle vivant et arts visuels). Le gouvernement promet 2 milliards d'euros.
Le plan de relance prévoirait des aides à hauteur de 220 millions d'euros pour le spectacle vivant, filière musicale (spectacle, concerts, musiques enregistrées) et théâtre privés (10 millions d'euros pour alimenter le fond d'urgence théâtres privés).
Par ailleurs, un dispositif de 100 millions d'euros devrait permettre dès septembre de compenser les pertes d'exploitation liées à la distanciation dans les salles de spectacles.
206 millions d'euros seraient aussi dédiés au "spectacle vivant subventionné".
Reste à savoir ce que chaque établissement percevra pour limiter la casse.
En attendant, ces scènes bordelaises veulent montrer qu'elles ne renoncent pas et portent, aujourd'hui plus que jamais, leurs propositions artistiques.

 

 

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