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Bordeaux : le passage piéton dédié aux LGBT dégradé par le collectif “Riposte Trans”

© Rispote Trans
© Rispote Trans

Le passage pieton arc-en-ciel avait été inauguré jeudi dernier. Ce week-end il a été recouvert d'un liquide rouge sang. "Riposte Trans", a revendiqué cette action visant à dénoncer "l'hypocrisie" de la mairie de Bordeaux sur les questions relatives à la communauté LGBT+.

Par C.O


Le groupe Risposte Trans, sur sa page Facebook, dit "signer" cet acte, précisant qu'il s'agit d'une "action queer radicale". Alors pourquoi s'être attaqué à ce qui se voulait être une opération "gay friendly" ?
 


Sur ce post, on peut clairement voir au sol, un couple, recouvert d'un liquide rouge et étendu sur le passage piéton multicolore situé cours du Chapeau Rouge à Bordeaux.

Dénoncer "l'hypocrisie" de la mairie de Bordeaux...

 L'inauguration de ce passage piéton représente un affront direct : la seule action soutenant les LGBT+ à Bordeaux c'est... trois coups de pinceau, peut-on lire sur le post Facebook.


Vendredi, au lendemain de l'inauguration du passage piéton, Riposte Trans a donc réalisé "une performance artistique/action symbolique" dénonçant, je cite, "le pinkwashing de la mairie bordelaise : deux personnes queer feignaient de mourir sous des jets de faux sang puis s'embrassaient".

"Chaque jour, nos identités sont tues, invisibilisées, agressées, déportées, assassinées". "Face à ça, la ville ne trouve rien de mieux à faire qu'un passage piéton dont les couleurs ne représentent même pas correctement le drapeau gay" a déclamé un.e militant.e.

... mais aussi celle des associations LGBT

"Des organisations que nous méprisons", déclare le collectif sur sa page Facebook au sujet des associations LGBT.

"Nous déplorons la politique cisexiste du Girofard qui travaille avec les dominants".


"Nous dénonçons la seule présence du flag à cette inauguration" est-il écrit. "Pour nous, il est inconcevable de se présenter comme acteur.ice.s de nos luttes tout en revendiquant l'appartenance à la police, force d'un ordre hétéropatriarcal, sexiste, transphobe, colonial..."

Plainte de la mairie 

"C’est très simple, il y a eu dégradation d'un bien public, d’où la plainte", explique Marik Fétou adjoint au maire de Bordeaux en charge de la citoyenneté et de l'égalité. Selon lui, ce collectif "est connu pour s'en prendre aux associations qui militent pour les droits LGBT". L'adjoint au maire va plus loin et évoque des tags apparus ces derniers jours, "ils menacent un militant du Girofard avec des mots tels "Lolo on aura ta peau"", détaille Marik Fétouh. "On ne les connaît pas", avoue Marik Fétouh" "mais on sait que les associations ont des difficultés avec ces extrémistes notamment lors de la marche des fiertés où ils ne respectent pas par exemple l'ordre des cortèges".

On ne sait pas qui c'est, ce sont des gens qui avancent dans l'ombre.



 "Il y avait eu aussi un appel à manifester vendredi soir et que j’ai donné samedi à la police dès samedi lorsque j'ai déposé plainte" relate l'adjoint au maire, qui nous a envoyé une photo de ce tract dans lequel est évoqué le "pinkwashing" de la mairie.

© Marik Fetouh
© Marik Fetouh


N'est ce pas une forme d’homophobie ?


"Est-ce que ce n'est pas la haine de soi qui amène à ça ? Ils ne s'attaquent pas aux homophobes, mais à ceux qui essaient de faire avancer les choses. On est en plein dans la radicalisation. On est en plein dans la violence", pousuit Marik Fetouh.

Le collectif Riposte Trans lui se défend de tout acte homophobe : "Ce n'est définitivement pas un acte homophobe comme le soutient la mairie, qui par ailleurs le sait très bien". 
Le collectif précise : "nous dénonçons, l'appropriation de nos identités pour construire une simple façade ouverte et progressiste, alors que la mairie de Bordeaux ne propose ni ne met en place rien de concret (les démarches pour le changement de prénom et de genre à l'état civil sont toujours aussi longue,s compliquées et pénibles), porter plainte pour discrimination/harcèlement/agression homophobe ou transphobe est toujours aussi laborieux et relégué au second plan par les autorités et la préfecture reste toujours autant fermée lorsqu'il s'agit de prendre en charge les demandeur.euse.s d'asile fuyant car ils font partie de la communauté LGBTQ+".


Quant à "l'hypocrisie" dont l'accuse le collectif, la réponse de Marik Fetouh est claire. "Nous leur répondons que nous avons voté un plan de 20 actions (dont ce passage piéton) et nous les invitons à faire des propositions". "Car à part faire ce genre de happening, ils ne font rien, ne proposent rien". 

S'ils ont des propositions ma porte leur  est ouverte…


L'adjoint en charge de la citoyenneté et de l'égalité se dit très "serein". Et il n'hésite pas à citer différentes actions mises en place. "Un plan de labélisation de la ville par l'AFNOR est en cours sur la diversité et aussi sur l'égalité femme/homme, cela passera en commission jeudi". Et on conclut en disant, "on est une des collectivités qui va le plus loin en interne et en externe, donc nous, on est prêt à débattre".

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