À Bordeaux, des publicités éphémères sur les trottoirs déclenchent le mécontentement

Bientôt, ce genre de pochoirs pourraient fleurir en ville. / © Romain Boulanger / AFP
Bientôt, ce genre de pochoirs pourraient fleurir en ville. / © Romain Boulanger / AFP

À partir du lundi 25 décembre, des publicités vont fleurir sur les trottoirs de Bordeaux. Ces marquages biodégradables seront en test pendant un an et demi. La mairie de Bordeaux, dans un communiqué virulent, a annoncé ne pas avoir été au courant pas ce décret. 

Par Margaux Dubieilh

Bientôt dans Bordeaux, vous pourrez peut être marcher sur des trottoirs tagués avec des publicités en peinture biodégradable . En effet, la ville a été choisie avec Nantes et Lyon pour tester ce type de communication éphémère pendant un an et demi, selon un décret publié dans le Journal Officiel le 22 décembre. Et cette expérimentation ne fait pas que des émules. 

Protestations à Bordeaux

Suite à l'annonce de ce décret, la mairie de Bordeaux a publié un communiqué virulent ce mardi 26 décembre : elle y écrit que "les élus et administrations de la Ville de Bordeaux et de Bordeaux Métropole n’ont, à aucun moment, été consultés ou informés en amont de cette décision". Puis le communiqué précise que la ville s'est régulièrement opposée à ce genre de publicité. 

De plus, ce nouveau moyen pour les publicitaires de communiquer est considéré comme une agression de plus par certains. Notamment les associations antipub, comme Résistance à l'Agression Publicitaire à Bordeaux, qui prédisait déjà en 2016 l'arrivée de ces pochoirs éphémères :
À l'époque, ils avaient dénoncé l'appariton de publicités d'une nouvelle start-up bordelaise, Tagalo. 

Limites strictes

Pour appliquer son logo ou son message publicitaire sur le trottoir, rien de plus simple: il suffit d'apposer un pochoir et de pulvériser de l'eau ou des peintures biodégradables.

Ce nouveau type de pub déroge clairement à la loi qui interdit d'apposer des marquages publicitaires sur les trottoirs. Alors pour cette expérimentation, il a fallu poser des limites claires et strictes. Car pour les autorités, pas question de se faire envahir par des milliers de pochoirs. 

En effet, elle ne devra pas rester plus de dix jours, ni exceder 2,50m². L'éloignement minimum entre chaque réalisation devra être de 80 mètres

Plus d'un an d'expérimentation

Si encore à l'aube de 2018, la loi est toujours la même, peut-être qu'au terme de cette expérimentation, elle pourrait être modifiée. Mais ce n'est pas encore gagné : une évaluation aura lieu tous les six mois lors de ce test, donnant lieu à un rapport final. 

Celui-ci devra indiquer le nombre d'utilisateurs de ce procédé, mais aussi s'il existe "un lien entre les accidents de la route et le présence des marquages sur les trottoirs". Pareil pour les chutes de passants, qui pourraient regarder leurs pieds plutôt que ce qu'ils ont devant eux. 

Enfin, l'opinion des riverain sera sondée, et les différentes techniques pour effacer les tags seront étudiées. Alors, ne soyez pas étonnés si vous voyez de plus en plus de pubs au sol dans les prochains mois... et n'oubliez pas de lever votre nez !

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