Bordeaux : quand la jeunesse apprend l'écologie aux anciens

Banderole de Youth for Climate Bordeaux, pour la grève mondiale pour le climat du vendredi 20 septembre.
Banderole de Youth for Climate Bordeaux, pour la grève mondiale pour le climat du vendredi 20 septembre.

Créer des grèves mondiales et faire pression sur les autorités politiques, deux objectifs que se donne la génération "urgence climatique". À la veille d'une nouvelle mobilisation mondiale pour le climat, prévue le vendredi 20 septembre, Youth for Climate Bordeaux défend ses positions.

Par Jean-Baptiste Arcuset

« Quand le monde s’effondre, la jeunesse se soulève. » C’est l’un des slogans des bénévoles de Youth for Climate Bordeaux. Collégiens, lycéens ou étudiants, une quinzaine d’entre eux s’est réunie, samedi 14 septembre, au Jardin public, pour fabriquer des pancartes, coller des affiches et préparer la grève mondiale pour le climat qui aura lieu vendredi 20 septembre.

Aujourd’hui ce sont les plus motivés qui sont présents, mais en manif’ on est beaucoup plus nombreux.
Annou, élève de terminale.

Une même volonté les réunit : sauver la planète, pour sauver leur avenir. Une prise de conscience qui est arrivée tôt pour une génération qui a grandi au rythme des cataclysmes écologiques à la télévision.
Mais connaître l’urgence climatique et militer sont deux choses différentes. Alors quand Youth for Climate, association créée en Belgique en janvier dernier, a prêté main forte à Greta Thunberg pour organiser des grèves mondiales étudiantes pour le climat, les jeunes Bordelais ont franchi le pas.

À quoi ça sert d’avoir mon bac, si dans cinq ans je ne peux pas l’utiliser ? 
Charlotte, 17 ans.

Un paradoxe qui a fait descendre dans la rue deux millions de jeunes à travers le monde (plus de 200 000 en France), le 15 mars, unis contre l’inaction des « anciens ».
À la question pourquoi la jeunesse se mobilise ? Charlotte répond du tac-au-tac : « Parce que la vieillesse ne se mobilise pas. » À Bordeaux, de nombreux jeunes ont répondu à l’appel écologique, grâce à la présence « de référents dans chaque collège, lycée, et maintenant à la fac. Ils communiquent sur nos actions et recrutent de nouveaux membres pour faire grandir le mouvement ».
Des cadres qu’il a fallu parfois renouveler, car certains sont partis à l’université.

Bordeaux : quand la jeunesse apprend l‘écologie aux « anciens »


Des élus « contre-productifs »

Mais le militantisme de ces bénévoles ne se limite pas aux manifestations. Ainsi, le 14 juillet, Youth for Climate Bordeaux a bloqué un McDonald's dans le centre-ville en pratiquant la technique du "dying" (s'allonger par terre, en groupe, pour empêcher toute activité sur le lieu de l'action).
Les bénévoles cherchent également à sensibiliser la population.

On sait tous que prendre l’avion pour des vols intérieurs ou la voiture pour des trajets de 5 minutes, c’est mauvais. 
Charlotte, 17 ans.

Un message de bon sens qui a porté ses fruits auprès de l’administration scolaire bordelaise, puisque certains grévistes peuvent désormais marquer « mobilisation pour le climat » comme justificatif d’absence.

Cependant, à l’heure où les pires scénarios de réchauffement climatique sont revus à la hausse, les petits gestes, s’ils sont souhaitables, ne suffisent plus. Seules des actions politiques d’envergure peuvent encore sauver le climat. « Virgile (l'un des leaders du mouvement NDLR ) et d’autres ont rencontré les maires de Bordeaux (Alain Juppé puis Nicolas Florian). Mais ils préfèrent agrandir la métropole pour devenir une grosse puissance économique plutôt que de s’intéresser à la crise climatique », observe la jeune fille.

Une « contre-productivité » et une « flemmardise » de la part des élus qui vont faire redescendre les jeunes dans la rue vendredi, pour que, peut-être, l’urgence climatique soit enfin traitée comme une crise, et non comme un problème à remettre au lendemain.

A lire aussi

Sur le même sujet

Interview de Bruno Belin, président du conseil départemental de la Vienne

Les + Lus