Bordeaux : rassemblement de soutien aux professeurs du lycée Mauriac devant le rectorat

Entre 100 et 150 personnes se sont rassemblées ce vendredi matin devant le rectorat de Bordeaux. Trois enseignants du lycée François Mauriac, mobilisés contre la réforme E3C, font l'objet d'une procédure disciplinaire.  
 
"Solidarité". Ce vendredi, les soutiens aux enseignants du lycée François Mauriac mis en cause étaient rassemblés devant le rectorat. Entre 100 et 150 personnes étaient présentes, principalement des enseignants de l'académie mais également quelques lycéens. 
Tous sont venus soutenir une enseignante, convoquée ce vendredi à 9h 30 au rectorat, afin de consulter son dossier établissant les faits reprochés. Elle disposera ensuite d'un délai de deux semaines pour apporter des pièces justificatives. Un deuxième enseignant est convoqué à 14 h 30. Le troisième s'est rendu à sa convocation mercredi.

Mobilisation syndicale

Les trois enseignants mis en cause par le rectorat sont syndiqués chez Sud Solidaires. Dans la foule rassemblée devant le rectorat ce vendredi, les syndicats Sud, CGT education, Snes FSU et Snuipp. Les professeurs du lycée François Mauriac, située rive droite à Bordeaux se sont déclarés en grève afin de pouvoir soutenir leurs collègues. 

 Opposition aux E3C

En début d'année 2020, le ministère de l'Education met en place les E3C, un contrôle continu pour les lycéens qui passent le bac. La contestation se fait entendre dans de nombreux établissements, dont le lycée Mauriac, où professeurs et lycéens se mobilisent contre la réforme. 
"Nous sommes le seul lycée en Gironde qui n'a pas passé les E3C du tout. Malgré le recours aux forces de l'ordre. 
Et manifestement c'est un intolérable, et ça mérite des sanctions. Ces sanctions-là, on les appelle de la répression syndicale",
dénonce une enseignante du lycée Mauriac.

"Nous sommes de plus en plus souvent privés de notre liberté pédagogique, et subissons de plus en plus d'injonctions sur notre lieu de travail. Là, c'est une vision de notre métier qui est touchée", abonde Mathieu Dumoulin, professeur de mathématiques dans l'établissement, syndiqué Snes-FSU.

Nous sommes là pour faire réussir nos élèves. Si on ne peut pas dire qu'on trouve qu'une réforme ne va pas dans le bon sens, c'est notre libre arbitre qu'on nous enlève, notre expertise professionnelle.

Mathieu Dumoulin, enseignant au lycée François Mauriac (Snes-FSU)

Soutien des parents d'élèves

Une pétition de soutien aux enseignants a été lancée par les parents d'élèves. Emilie Montaletang est enseignante au lycée Elie Faure et parente d'élève. Avec une quinzaine de collègues, elle est venue au rassemblement devant le rectorat. 

"Les premiers concernés, ce sont nos enfants qui subissent cette réforme du lycée. Les élèves de Première avaient décidé, de leur bon droit,  de ne pas passer ces épreuves. Ils avaient demandé, non pas une annulation mais un report. Ils avaient été même été reçus au rectorat.
Nous sommes derrière nos enfants",
insiste-t-elle.
 

Changement de direction

Vendredi 20 novembre, les enseignants du lycée François Mauriac avaient appris le changement de leur équipe de direction, dès le lundi suivant. Une décision discutée  ce jeudi avec les représentants syndicaux, le directeur académique des services de l'Éducation nationale (Dasen), la nouvelle équipe de direction et trois inspecteurs d'académie lors d'un conseil d'administration extraordinaire. 

"Il nous a été expliqué ce changement intervenait à la suite des conclusions d'un audit réalisé dans l'établissement en début d'année, explique Mathieu Dumoulin. L'équipe de direction, et celles d'avant, n'avaient pas présenté de contrat d'objectif ni de projet d'établissement". 
La nouvelle équipe aurait donc été mise en place pour préparer ces documents.

 "Nous n'avons pas eu ce rapport d'audit en main, précise l'enseignant. Mais tout ça n'est pas de notre responsabilité. Même si nous sommes volontaires pour participer à l'élaboration de ces documents, il nous semble qu'en ces temps de crise sanitaire et de crise sociale, on passe un peu à côté des véritables enjeux ". 
 
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